Ce n'est pas la fin. Ce n'est même pas le commencement de la fin. Mais c'est peut-être la fin du commencement. A vous de continuer l'histoire...
 
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 Sun

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NaGaara
Dragon mûr
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MessageSujet: Sun   Ven 28 Avr 2006 - 17:10

**1**


Ainsi, il était toujours là, les yeux fermés, l’air paisible, le visage régulier, les bras croisés, dans un sommeil profond, baignant dans le liquide amniotique jaunâtre, un masque à oxygène lui couvrant la moitié de la figure. La jeune femme le contemplait, seul le cylindre de verre les séparait. Elle s’imaginait parfois avoir une conversation avec lui ou même plus loin encore, elle s’imaginait être dans ses bras. Des pensées absurdes selon la jeune femme, comment pourrait elle un jour lui parler, lui, le premier humain crée artificiellement ? D’ailleurs il ne devrait ne jamais être réveillé, ce n’était pas dans les projets de « la Corpora », la société dans laquelle son père, un vieux scientifique avare, se dévouait corps et âme à ce projet défiant toutes les lois de la nature. En cette ère du vingt-troisième siècle, l’Homme avait dépassé Dieu, pratique blasphématoire pour les un, révolutionnaire pour d’autre, l’homme dans ce cylindre, baptisé Sun, allait être comme la lumière du soleil, depuis longtemps disparue en raison de l’énorme nuage de pollution qui recouvrait à présent la planète entière, en effet Sun serai le premier essai d’une longue série d’humains artificiellement crées afin d’enrichir génétiquement l’espèce humaine et d’éviter celle-ci à une disparition certaine. Dans tous les pays du monde la démographie décroissait à vue d’œil due à la stérilité de plus en plus répandue chez les hommes et les femmes, surtout chez les hommes d’ailleurs, certains spécialistes accusaient l’atmosphère, d’autres la radioactivité de l’eau dont la cause avait été la guerre nucléaire terminée depuis un siècle. Cette stérilité semblait s’être transmise de génération en génération. En tout cas chez les hommes c'était le plus grand fléau que l’humanité n’ait jamais connu. Pour faire simple, cette radioactivité causait la « tératospermé », la malformation des spermatozoïdes. La jeune femme se demandait parfois si cet homme artificiel était conscient de son destin, de son influence sur l’enjeu de l’humanité. Biensur qu’il n’en était pas conscient, cet homme est comme une coquille vide, il ne peut même pas penser, finissait elle par se persuader. Depuis sa plus tendre enfance la jeune femme suivait le développement de Sun, elle se souvint encore, coura dans les couloirs pour enfin arriver devant le cylindre rempli de ce liquide jaunâtre ou Sun, enfant lui aussi était dans la même position qu’aujourd’hui. La petite fille qu’elle était lui parlait aussi naturellement qu’un enfant qui parlait à un ami, elle s’imaginait même qu’il lui répondait, elle lui racontait ses histoires, ses doutes, elle avait même eu l’impression que parfois le petit Sun ouvrait ne serais-ce qu’un instant les yeux. L’adulte qu’elle était à présent ne lui parlait plus, évidemment, elle se serait couverte de ridicule sinon.

-Cionn ! S’écria un vieillard en blouse blanche, il est temps que tu passes à ta visite médicale ! En entendant ces paroles la jeune femme soupira puis détourna les yeux de Sun pour emprunter, d’un pas lent, un couloir métallique qui débouchait sur une pièce aveuglement blanche et brillante. Le médecin l’attendait, il lui demanda d’enlever son pantalon et sa culotte, ce qu’elle fit et s’allongea sur un fauteuil en mousse couleur crème. Cionn détestait ces visites annuelles. Le médecin passa un gel sur un de ses instruments à l’allure menaçante, selon la jeune femme. Il insinua l’instrument en elle, celle-ci fit la grimace. Le médecin n’y fit pas attention.
-L’utérus ne semble pas s’être dégradé. Dit il en esquissant un sourire. Le médecin retira l’instrument et découvrit le ventre de Cionn, celle-ci fut sujette à des frissons. Le docteur posa calmement l’instrument puis choisit, méthodiquement, un autre ustensile qui faisait toujours penser à un sèche-cheveux pour la jeune femme. Il mit du gel sur le ventre de Cionn, c’était glacé, puis le fit glisser en douceur sur toute sa surface. Sur l’écran une image en couleur apparut, on pouvait reconnaître les ovaires, le médecin grossit l’image, on distinguait les petits follicules. Le sourire du docteur se fit plus grand.
-A quand remontent vos dernières règles ? Demanda t-il.
- deux semaines. Répliqua la jeune femme.
-Très bien, félicitation tout est normal vous êtes potentiellement féconde. Sur ce, il reposa son outil puis partit. Cionn se dépêcha de se rhabiller, soulagée que cette entrevue se termine. Elle sortit de la salle d’auscultation puis jeta un coup d’œil à sa montre, elle lu une heure trente. La jeune femme se dirigea vers la cafétéria, repensant encore à la phrase que ce médecin lui avait dit : « vous êtes potentiellement féconde ». C’est vrai qu’en ces jours sombres, les femmes étaient considérées, excusez l’expression, comme des utérus sur pattes. Elle se fit servir des patates avec de la viande de bœuf. Cionn dégusta, seule, regardant les hommes et les femmes entrer et sortir, tous étaient habillés pareil, un pantalon en coton gris, un haut blanc avec une veste noire, l’uniformité faisait le bonheur de l’humanité selon les « quatre fondateurs », grands hommes qui mirent fin à la guerre et imposèrent l’uniforme dans la société. Même Cionn ne pouvait se différencier des autres, cela ne la dérangeait pas vraiment. Les « quatre fondateurs » avaient également fondé la « Corpora », cette société fournissait les grands dômes de champs électromagnétiques qui pouvaient protéger des régions entières des pluies acides et de l’agression de l’air contenant à présent trop de gaz carbinique. « La Corpora » abritait des milliers de personnes, des scientifiques et leur famille dans une immense tour, tellement haute, qu’elle arrivait à percer le nuage de pollution, certains privilégiés pouvaient contempler le soleil de là. La jeune femme ne travaillait pas ici, d’ailleurs elle ne travaillait nulle part, son père lui interdisait de sortir, pourtant elle atteignait bientôt sa vingtième année. Cette gigantesque tour formait une ville à elle toute seule, cependant la jeune femme s’ennuyait à mourir, elle n’était jamais sortie à l’extérieur. La seule occupation agréable que Cionn trouvait était de ce poser devant le cylindre de verre et de regarder Sun.


Dernière édition par le Dim 30 Avr 2006 - 23:46, édité 2 fois
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NaGaara
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MessageSujet: Re: Sun   Sam 29 Avr 2006 - 19:55

**2**



Un jour, lors d’un cours d’Histoire donné par Mr Crow, la tour contenait une quarantaine d’amphithéâtres pour les étudiants, il devait raconter pour la deux centième fois au moins le déroulement de la guerre d’il y a un siècle. Cionn avait pris place comme à son habitude au premier rang, l’amphithéâtre était vieux, avec des graffitis sur toutes les tables et sentait toujours l’encens. Mr Crow, posa un regard pétillant sur chaque étudiant, un grand sourire sur son visage débonnaire, il passa sa main sur ses cheveux crasseux, de sa voix rauque et avec des gestes plus que théâtraux, il contait avec passion la guerre atomique. Elle avait opposé les Etats-Unis alliés à l’Europe, et le Moyen-Orient. Tout débuta, le 15 janvier 2116, lors d’une attaque surprise, Washington avait été décimé en un clin d’œil, une bombe atomique s’était abattue sur cette ville, faisant des milliers de morts. On montra du doigt l’Irak qui était en très mauvais terme avec les Etats-Unis. On soupçonnait depuis longtemps ce pays de posséder des armes nucléaires mais jamais on n’avait imaginé qu’un jour, le gouvernement Irakien ait le cran de les utiliser. Les Etats-Unis, accompagnés de L’Europe voulurent enquêter sur l’affaire, mais jamais le président Irakien ne voulu pas que les agents pénètrent sur le territoire, s’en doute avait il des choses à cacher… Les Etats-Unis déclarèrent la guerre à l’Irak le 20 Janvier 2116. La Chine qui avait à cette époque fait une alliance avec l’Irak, se retrouva en conflit avec l’ennemie de son allié. La France et l’Allemagne, alliés des Etats-Unis, déclarèrent la guerre à la Chine. Ainsi un combat sans merci, une guerre de cinquante années, fut la conséquence de cette stupide loi du Talion. Les Etats-Unis furent les premiers, d’une longue série, à envoyer une bombe atomique le 30 Janvier 2116. Puis s’en suivit des centaines de déflagrations dévastatrices dans le monde, jusqu'à ce que l’Homme ait massacré chaque brin d’herbe, il ne restait presque plus rien au bout de la cinquantième, même les eaux étaient radioactives. Il y eu environ trois milliards de morts, soit le quart de la population mondiale à cette époque. Le 13 décembre 2166 l’Armistice fut signé, aucun vainqueur n’en résulta de ces cinquante années de massacres, tous étaient perdants. Quelques reformes furent votées dont une fut la destruction de toutes les armes nucléaires dans le monde. Pourquoi faut-il toujours que l’espèce humaine finisse par prendre les bonnes décisions après avoir fait de monumentales erreurs ? Dix ans après la guerre, le monde ne s’était toujours pas relevé : beaucoup de mortalité infantile en raison d’un faible taux d’oxygène dans l’atmosphère. Vint alors les sauveurs, les « quatre fondateurs », des politiciens idéalistes, morts depuis longtemps à présent. Cionn avait déjà vu leur portrait, l’un s’appelait Iderick Verden c’était un allemand, petit et rond accompagné d’un visage aux petits yeux verts derrière des petites lunettes en demie lune, il semblait n’avoir pas de cou tellement son double menton était protubérant. A coté de l’Allemand, il y avait un homme aux yeux bridés, dégarni de tout cheveux, il était sensé être le plus vieux des quatre, Luang Naga. A la gauche du portrait, un Anglais du nom de William Mayers, celui-ci était grand et mince, son visage était squelettique et il laissait découvrir un menton volontaire impressionnant. Enfin le dernier, un petit homme, le plus jeune cette fois-ci, un Français nommé Paul Delcombe, sur le portrait c’était le seul qui souriait, découvrant de petites dents blanches. Ces quatre milliardaires formèrent ensemble la société « Corpora », ils engagèrent des centaines de scientifiques, fournissant le matériel de recherche, dépensant des sommes colossales à la construction d’une immense tour. Le premier champ électromagnétique fut inventé par le scientifique Stephen Calandar, l’arrière arrière grand père de Cionn. Bientôt toutes les villes assez riches purent s’offrir l’un de ces boucliers, protégeant alors la population de toutes agressions de l’atmosphère. Depuis, les « quatre fondateurs » étaient considérés comme des héros car ils avaient largement contribué à la résurrection de la grandeur de l’espèce humaine. Ainsi se termina le récit de Mr Crow. Les étudiants ne dirent pas un mot, sans doute, étaient ils endormis… Cionn connaissait cette histoire par cœur, elle fit la moue, sentant ses paupières se fermer. La chute d’une règle en métal tira les étudiants de leur état comateux. Mr Crow ne bougeait pas, attendant sûrement des questions ou commentaires de la part de ses élèves. Mais personne n’osa parler, de peur que le professeur ne se lance dans des explications interminables. Sans raison, Cionn se mit à penser à Sun, elle n’entendait même plus les paroles de Mr Crow. Seule, une sonnerie aigue mit fin à la rêverie de la jeune femme. Tous les étudiants se levèrent, elle aussi, puis Cionn se dirigea dans le couloir, évitant soigneusement toute bousculade. Elle finit par arriver face à un ascenseur, elle fit mine de monter mais un agent de sécurité la retint par le bras. On lui dit qu’il n’y avait plus de place, Cionn, agacée devait attendre le prochain passage. La patience n’était pas la qualité première de la jeune femme, aussi décida t-elle d’emprunter les escaliers. Ceux-ci étaient presque laissés à l’abandon. Ces escaliers, très étroits, étaient glissants, aussi manqua t- elle plusieurs fois de tomber, surtout qu’il faisait très sombre. Plus elle descendait, plus elle avait l’impression que ça n’en finissait plus. Seul le bruit de ses chaussures causaient un cliquetis métallique, puis, Cionn cru entendre des gémissements, sur le coup, elle pensait que ce n’était que son imagination,mais, plus la jeune femme descendait les escaliers, plus les gémissement raisonnaient fort, Cionn ne pouvait, à présent, les ignorer. Les pas de la jeune femme se firent plus rapides, elle trébucha souvent, se fit parfois mal, mais peut être que quelqu’un était blessé en bas de cet escalier. Enfin, elle vit une femme, affalée entre les marches, gémissante, elle était habillée de haillons, ses longs cheveux gris tombaient en bataille sur toute la surface de son visage. Cionn fit la grimace, l’odeur était si désagréable…
-Vous avez besoin d’aide madame ? Balbutia t-elle.
-Qui… où…où es tu ? Demanda la vieille femme, agitant nerveusement la tête et les bras. Cionn s’approcha prudemment, la mystérieuse femme leva la tête vers elle, la jeune femme pu distinguer deux globes blancs sur le visage ravagé de la vieille, c’était une aveugle.
-Je m’appelle Cionn, je suis là pour vous aider.
-Ne t’approche pas de moi ! Répliqua l’aveugle d’une voix grinçante. La jeune femme recula aussitôt.
-Vous êtes blessée ? La vieille aveugle cracha un filet de bave marron.
-Cionn…. Ça me dit quelque chose… Dit elle, pensive. Cionn ne répondit rien, elle était comme paralysée.
-Oui… on m’a beaucoup parlé de toi… « Il » te porte beaucoup d’intérêt… Continua l’aveugle.
-Qui ? Se contenta de demander Cionn. La vieille femme sourit, montrant des dents noires et pourries.



(j'ai pas trop aimé écrire ce passage, je sais pas si ça se voit, je voulais pourtant qu'on puisse se situer donc voila^^)
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Henharma
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MessageSujet: Re: Sun   Sam 29 Avr 2006 - 20:09

L'histoire à vraiment l'air super ! En général, la SF n'arrive pas trop à me captiver, mais là, bravo !!! J'attend la suite !!
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NaGaara
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MessageSujet: Re: Sun   Sam 29 Avr 2006 - 20:11

Ah merci!!! ça me fait plaisir.
love
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Henharma
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MessageSujet: Re: Sun   Sam 29 Avr 2006 - 20:20

Mais de rien puisque c'est ce que je pense ^^
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Freyja
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MessageSujet: Re: Sun   Dim 30 Avr 2006 - 0:28

J'ai fini les extraits hier ; c'est bien écrit et captivant, c'est le mot. Wink
Bravo !
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NaGaara
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MessageSujet: Re: Sun   Dim 30 Avr 2006 - 0:32

merci, ça me motive!!! Very Happy
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NaGaara
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MessageSujet: Re: Sun   Dim 30 Avr 2006 - 18:52

**3**



Cionn ne pouvait pas croire les révélations de cette aveugle, elle remontait les escaliers, ne faisant pas trop attention à ce qui l’entourait. La jeune femme était perdue, tout son univers semblait s’être écroulé d’un coup, elle se remémorait chaque parole de la vieille, tournant et retournant la conversation en boucle. Cionn fut prise de frissons, tapota nerveusement sa poche intérieure, sentant l’arme à feu que lui avait donné la vieille aveugle. Elle se demandait ce qu’avait voulu dire la femme en lui disant que le soleil ne cessait de la regarder, et qu’est ce que c’était que le niveau moins soixante-six ? __« Demande à ton père »__ lui avait dit l’aveugle. La « Corpora » n’était pas aussi blanche qu’on voulait bien faire croire à Cionn et au monde entier. Une partie d’elle-même rejetait cette vérité, penser que la « Corpora », le seul lieu qu’elle avait connu depuis sa naissance, soit en fait manipuler par des hommes sans scrupule qui n’hésitaient pas à pratiquer des expériences douteuses dans les sous sol de la tour, d’ailleurs elle avait toujours ignorait que la tour possédait des sous-sols. Après que la vieille femme l’eut donné l’arme à feu, un magnum avait elle dit, Cionn avait décidé de continuer à descendre les marches pour trouver ce mystérieux niveau moins soixante-six, praticable par ces escaliers seulement. Après de longues heures interminables elle finit par se retrouver en face d’une énorme porte blindée, tout était humide et sentait la moisissure, la vieille n’avait donc pas menti, des choses se passaient de l’autre coté de cette porte, des choses ignorées de tous. Après de longs instants de contemplation, Cionn avait remarqué qu’il fallait une carte magnétique pour l’ouvrir. Elle avait fini par faire demi-tour, en remontant les marches, elle ne revit pas la vieille femme, mais Cionn s’en moquait bien, pour l’instant la seule chose à laquelle elle aspirait c’était son lit. La jeune femme finit enfin par atteindre le couloir qu’elle avait quitté, elle voulait prendre l’ascenseur. Il était tard, Cionn lut vingt-deux heures trente sur sa montre, tout était presque désert, il n’y avait que des travailleurs acharnés à cet étage. Une fois dans l’ascenseur, elle appuya sur le chiffre trois cents, aussitôt elle sentit une légère secousse puis se retrouva à ce niveau de la tour, après quelques mètres de marches, elle déboucha dans un couloir fortement éclairé, Cionn plissa les yeux. De chaque coté de ce couloir il y avait différentes portes métalliques étincelantes, elle passa devant quelques unes, puis s’arrêta devant une porte, identique aux autres. La jeune femme l’ouvrit passa le seuil puis la referma lentement. Cionn sortit l’arme de sa poche intérieur, l’examina attentivement, la gâchette semblait rouillée, mais le reste était d’un brillant noir. Avait il déjà servi ? Se demanda t-elle, perplexe. La jeune femme finit par le ranger dans un tiroir et le ferma à clef. Ensuite, Cionn se dirigea dans la salle de bain, fit face à l’énorme miroir, une femme frêle, voila ce qu’on pouvait constater dés le premier regard. Ses yeux bleus semblaient être portés par d’énormes cernes violacées, ses cheveux blonds en bataille, lui tombaient juste à la nuque, seule ses deux longues mèches sur le devant de ses oreilles étaient restée en place. Un peu de crasse, en raison de ses nombreuses chutes dans ces étroits escaliers glissants, recouvrait sa peau pale. Cionn s’étira, laissa exprimer un énorme bâillement et se massa la nuque. Elle retira ses vêtements, se doucha, et enfila une chemise de nuit grise. La jeune femme s’écroula dans le lit douillé, sans dire un mot, fixant le plafond. Son univers venait de s’écrouler, la « Corpora » qui avait toujours affirmé n’avoir aucun secret pour ses habitants, cachait quelque chose de sombre dans ses sous-sols inconnus. Pour une personne n’habitant pas dans cette tour, l’attitude de Cionn aurait semblé grotesque, mais imaginez que durant toute votre enfance on vous conditionne pour être comme un livre ouvert, un modèle d’honnêteté et de droiture, et qu’en une seconde on vous révélez des atrocités possibles entre les murs du lieu ou vous habitez, soit vous niez de toute votre âme cette possibilité, soit vous vous remettez en question totalement. La jeune femme se sentait trahi, comme un enfant par sa mère. Pendant une seconde, une haine irraisonnée envers l’aveugle empli Cionn de tout son être. Pourquoi m’avoir dit tout ça ? Pourquoi maintenant ? La jeune femme aurait voulu ne jamais rien savoir. Elle posa les yeux sur sa chambre, tout était soit blanc, soit gris, de la moquette à la lampe de chevet, tout semblait si parfait, si identique dans cette tour. Elle fut prise d’une envie de changer de place le fauteuil en mousse blanche juste en face d’elle, Cionn le poussa juste au coin de la pièce. Elle ressentit une forme de malaise l’envahir, aussitôt elle remit le fauteuil à sa place originelle. Son conditionnement allait alors jusque là… Jusqu'à dicter ses goûts et ses envies. La « Corpora » avait perverti les humains aussi subtilement qu’un serpent se glissant derrière sa proie.
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Henharma
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MessageSujet: Re: Sun   Dim 30 Avr 2006 - 20:38

Toujours bien ^^ Mais ça me fait un peu penser au film The Island au niveau du conditionnement et de l'ordre.
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NaGaara
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MessageSujet: Re: Sun   Dim 30 Avr 2006 - 20:40

oui moi aussi maintenant que tu le dis Smile
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MessageSujet: Re: Sun   

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Sun
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