Ce n'est pas la fin. Ce n'est même pas le commencement de la fin. Mais c'est peut-être la fin du commencement. A vous de continuer l'histoire...
 
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 Une journée particulière

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Wazarnaud
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MessageSujet: Une journée particulière   Jeu 19 Mai 2011 - 22:56

[Celui qui sans regarder sur Internet trouve la référence du titre mérite la plus grande satisfaction d'avoir une culture pour le moins inhabituelle dans notre tranche d'âge Wink]

Dans la lumière blafarde émise par le réfrigérateur, une main se tendit, attrapa une bière dans le bac à légumes, et referma la porte. Bruit de canette qu'on décapsule, des pieds qui trainent par terre. Un grognement. L'état normal de Killian après trois bières consécutives. Dans le bel appartement meublé, situé à Nation, qui servait de logement au jeune homme, une soirée normale qui se préparait en cette chaude fin de journée de juillet, en somme.
Killian se déplaça lentement vers le canapé en cuir qui faisait face à son home cinéma, tout en prenant une gorgée de sa bouteille. Il s'assit et troqua sa canette contre la télécommande qui trônait sur une table basse en verre agrémentée d'un étalage chaotique de mégots de Marlboro. TF1, trop peu pour lui, il zappa directement sur une chaine d'informations en continu, espérant tomber sur des nouvelles du procès de DSK ou sur une déclaration de guerre nucléaire. Il n'en fut rien.


... l'ensemble du quartier latin a été bouclé par les forces de l'ordre, et les blessés sont évacués vers les différents hôpitaux de la ville.

Tiens donc, un attentat en plein Paris, pensa t'il. Moins excitant qu'une attaque nucléaire, mais c'est déjà pas mal.

...Les CRS tiennent l'ensemble des journalistes et des curieux à distance, derrière des barrières de sécurité, tandis que l'on apprend que toutes les lignes de métro ont été coupées d'urgence, on ne sait pas ce qu'il se passe. Monsieur, monsieur, avez-vous vu quelque chose ? Monsieur ?

Ah, le spectacle des journalistes se jetant sur du drame bien frais, encore saignant, à servir aux auditeurs amateurs de sensations fortes, à l'instar de Killian. Tout à coup, la caméra se tourna vers une civière qui passait à toute vitesse en direction d'une ambulance. Un homme à moitié chauve d'une soixantaine d'années, allongé dessus, se tenait l'épaule en tremblant, un air de terreur imprimé sur ses traits. La journaliste se précipita sur lui, suivie de l'ensemble de ses confrères, micros tendus.

Monsieur, que s'est il passé ? Pouvez-vous nous dire ?

On entendait le caméraman haleter alors qu'il suivait la civière, rendant l'image impossible à discerner... La victime ouvrit la bouche, émit un râle avant de se reprendre :

C'est... c'est pas possible... pas possible...

Soudain, dans le silence de la nuit, on toqua à la porte de Killian, qui ne marqua pas sa surprise.


Ouais ? C'est qui ?

Alors que personne ne répondait, il posa sa télécommande et se rendit sans être pressé à sa porte pour regarder à travers le Judas. Personne. Un gamin qui fait une mauvaise blague, probablement. Killian repartit dans le sens inverse, quand tout à coup un fracas épouvantable se fit entendre dans l'appartement d'à côté, suivi des cris stridents de sa voisine rendue hystérique par quelque chose. L'ingénieur soupira et alla voir si tout allait bien...

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Safana
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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Ven 20 Mai 2011 - 16:53

https://youtu.be/MBFXJw7n-fU
(à écouter ou pas en même temps que la lecture, selon les envies de chacun Smile)



L'arrivée des enfants dans une famille est parfois un événement magnifique, mais toujours un chamboulement du quotidien. Hann l'avait rapidement appris, et avait accepté de devenir un mère comme s'il aurait toujours du en être ainsi. Pourtant il n'en avait pas toujours été ainsi. Dans sa jeunesse, elle avait mêmecoutume de dire qu'elle n'aurait jamais d'enfant, à moins d'en adopter un. Selon elle, le seul moyen d'assouvir les besoins vitaux de chacun, serait de limiter les naissances. Mais lorsqu'elle se retrouva dans la salle de bain de cet hôtel italien, le pantalon aux chevilles et test de grossesse positif en main, il en fut tout autrement. C'est comme si elle avait accepté son destin en voyant ce "positif" s'afficher devant ses yeux. En rentrant en France elle avait confirmé cet état avec une prise de sang, et c'est à la première échographie qu'elle sentit en elle se développer en elle tout l'amour qu'elle pourrait apporter à ce petit être. Abandonner ses rêves fut une épreuve difficile, mais la chair de sa chair avait prit une place primordiale dans son existence et c'était comme cela, fatalement. Bien évidemment, être mère n'était pas chose simple, et même à ce jour il lui fallait se faire une raison : être séparée de ses enfants quelques jours allait être une torture. Cependant, et elle le savait également, cela était nécessaire si elle voulait sauver son couple qui battait de l'aile. Son mari et elle n'avaient plus le temps de profiter l'un de l'autre, lui toujours au travail, et elle devenue plus une mère qu'une épouse.
C'est en sortant de ce type de pensées qu'Hann et ses enfants arrivèrent chez les grand-parents Longdun, en Seine et Marne. Les au revoir furent éprouvants, mais ils se retrouveraient bien vite. Elle remonta dans le taxi, n'ayant pas prit la peine de prendre sa propre voiture, étant donné que le taxi la déposerait juste en bas de l'appartement ou elle attendrait son époux. De là, ils passeraient la nuit sur place puis prendraient le train le lendemain, à la gare d'Austerlitz.

Le taxi arriva finalement à destination, pas loin de la place de la Bastille. Elle sortit du liquide de son sac à main en cuir pour le poser dans la main du chauffeur, puis elle sortit, anse de sac à main sur l'épaule et petit sac à dos de voyage en main. Elle monta les escalier jusqu'à l'appartement, au quatrième étage, puis y pénétra. C'était une véritable garçonnière, après tout son mari vivait seul ici toute la semaine. Du linge sale trainait au milieu du salon, des restes de repas livrés trônaient encore sur la table basse, entre un cendrier plein de cigarillos et la télécommande. Hann posa ses propres affaires près du canapé et entreprit de remettre de l'ordre dans la pièce, que tout soit propre pour le départ. Elle s'attaqua ensuite à la chambre, ou le lit était évidemment défait, puis à la salle de bain, ou avaient été laissés des poils de barbe rasés et des flacons de produits vides éparpillés. Elle ne s'était jamais sentie chez elle dans cet endroit, et de fait, elle ne l'était pas. C'était là que vivait l'homme qui partageait sa vie, mais jamais elle ne venait lui rendre visite. D'ailleurs, elle ignorait tout de ce qu'il pouvait se passer dans cet endroit.
Ayant terminé le ménage et n'ayant vraisemblablement plus rien à faire en attendant son homme, Hann s'installa dans le canapé -plus confortable que celui de leur maison d'ailleurs- tout en prenant la télécommande et alluma la télévision. Ses enfants lui manquaient déjà, ce n'est vraiment pas évident de casser des habitudes aussi bien encrées. Pas de bisou du soir pour la grande, et pas d'histoire lue pour le plus petit. Elle tomba sur une chaine d'informations qui annonçait un désastre au quartier latin.


Encore des fanatiques qui tuent des vies innocentes ! pensa-t-elle à haute voix. Est-ce que tout va si mal ? Plus rien n'est surprenant sur la nature humaine.

Elle regarda quelques minutes les images mais, bien que l'information semblait importante, les journalistes n'avaient pas la possibilité d'en savoir plus. Elle alluma rapidement le lecteur de DVD et alla sur la section des films enregistrés.

"Les trois petits cochonnes" .... "Astiquer le joystick" .... Et bien il y en a un qui passe des soirées sympathiques !

Elle préféra finalement l'éteindre et remettre les informations en fond sonore, se déplaçant vers la fenêtre, portable en main. Elle chercha le numéro dans les derniers appels passés, et tenta de joindre son mari afin se savoir combien de temps encore allait-elle l'attendre ...


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Wazarnaud
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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Ven 20 Mai 2011 - 19:07

[Bien vu la musique, pour eux qui lisent vite, en voici une qui irait bien à cet extrait. Je regrette juste de na pas avoir trouvé la version complète Sad]


Les bruits s'estompèrent à mesure que Killian se rapprochait de l'appartement voisin. Lorsqu'il fut sur le palier de la porte de chêne ornée d'une poignée cuivrée du plus bel effet, il s'aperçut qu'elle était encore entrebaillée. Des râles s'échappaient de l'intérieur.

Euh, tout va bien ?

Pas de réponse. Killian ouvrit doucement la porte, qui grinça un court instant, pour découvrir une entrée totalement ravagée. Le tapis sur lequel était naguère inscrit "Welcome" à côté d'un chiot stylisé était maculé de sang, tout comme une partie des murs blancs. Le porte manteau était renversé et brisé, laissant au sol un manteau en fausse fourrure du plus bel effet malgré les quelques tâches rouges qui coagulaient doucement. La porte qui menait au salon était grande ouverte, laissant apparaitre au sol une large trainée de sang qui se dirigeait vers la cuisine.
A la vue de ce spectacle macabre, l'ingénieur eut un haut le coeur et se retint pour ne pas vomir aussitôt. Puis il sentit. Ca puait la mort, au sens propre du terme. Killian avait déjà retrouvé un rat mort décomposé sous son frigo, il y avait quelques années de cela, et il aurait préféré respirer ledit rat plutôt que cette odeur de putréfaction mêlée de sueur et de sang séché, de bave et d'oeuf pourri. Il s'appuya contre le mur le plus proche, posant sa main sur une trace de giclée de sang fraisn, et vomit, incapable d'en supporter plus. Une fois son estomac soulagé, il sortit une clope de sa poche et l'alluma fébrilement, se rendant compte au passage que sa main était tâchée d'hémoglobine. Il inspira trois bonnes bouffées pour s'imprégner de l'odeur et du goût du tabac, et se décida à continuer à avancer. Il passa la porte du salon en évitant soigneusement de marcher dans les traces de sang, et continua jusqu'à la cuisine.
Si l'entrée était en bordel, on aurait pu croire qu'un ouragan avait eu lieu dans la cuisine. Vaisselle renversée, portes des placards grandes ouvertes, vitres brisées. Et surtout, du sang, encore. Partout. Et par terre, surplombant le corps inanimé et à la limite du méconnaissable de sa voisine, quelque chose.
N'écoutant que son courage, Killian ramassa un hachoir tombé à terre et pointa en tremblant son arme improvisée sur l'intrus.


Ne... ne bougez pas... Tou... tournez vous... doucement...

La chose s'exécuta, lentement, dans un râle qui parut durer longtemps au jeune homme, car devant lui se leva, au ralenti, un humanoïde à l'allure cadavérique. Sa peau grise ne faisait que souligner les croûtes suintantes qui lui couvraient la moitié du corps. D'un de ses yeux et de son nez, il ne restait que des trous béants, et la moitié de son torse paraissait avoir été arraché à la main. Ses vêtements en lambeaux ne couvraient plus grand chose sinon sa dignité, et comme chevelure, la chose se contentait de quelques touffes ni symétriques ni même régulières.
Killian tressaillit violemment, laissant tomber le couteau à terre, et prit les jambes à son coup. Haletant, peinant à ne pas hurler sa terreur, il referma la porte à double tour derrière lui et mit la chaine de sécurité. Puis, il se jeta sur sa table basse pour récupérer son téléphone portable et composer le 17.
Aussitôt le téléphone porté à l'oreille, il se mit à bégayer :


A... Allo... Urgence i... ici ! Na... Nation !

Une larme roula lorsqu'il se rendit compte que la seule réponse qu'il recevrait serait le tuuut régulier d'une ligne occupée. Il reposa avec force son téléphone sur sa moquette, se releva brusquement et se mit à tourner en rond en grommelant.

Oh p*tain, oh p*tain, qu'est ce que c'est que ça ? Oh p*tain de b*rdel de m*rde, garde ton calme, garde ton calme...

Il se fourra la tête dans les mains et continua à tourner, jusqu'à ce qu'il entende des mouvements contre la porte d'entrée, comme des grattements répétés. Pris de panique, il se mit à crier à pleins poumons, pendant dix bonnes secondes, puis se remit à tourner dans tout son appartement, à la recherche d'une idée pour repousser ce qui l'attendait derrière la porte.

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Safana
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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Sam 21 Mai 2011 - 15:47

Oui, allo ?
- C'est Hann, je suis à ton appart' là. T'en as pour longtemps encore ?
- Écoute, je suis en route là. J'en ai pas pour longtemps, je suis dans ma voiture, mais le trafic n'est pas bon, un quartier tout entier a été fermé à la circulation.
- D'accord, mais fais attention quand même. J'ai rangé ton b*rdel, c'est dingue ce que tu peux accumuler en l'espace d'une sem...
- Bon ca suffit, tu vas pas commencer, la coupa-t-il d'un ton sec. J'ai eu une grosse journée, tu peux attendre que je rentre pour me sermonner, j'arrive pas loin de Nation et ... B*rdel de nom de Dieu ! lâcha-t-il, suivi d'un crissement de pneus et du bruit d'un choc violent contre le carrosserie de la voiture et de verre éclaté.
- Pardon ?! Youhou ? Mais réponds moi, que se passe-t-il ? Chéri ?

Seul "tut tut tut" répondit à sa voix, signe que la communication avait été coupé. Hann tenta aussitôt de rappeler son époux mais en vain, ce dernier ne répondant plus. Soudainement inquiète, et croyant évidemment à un problème, elle tenta de le joindre plusieurs fois encore, avant d'appeler les secours afin qu'ils se rendent sur place. Pleine de frustration et d'autant plus inquiète face à une ligne occupée, le son de la télévision et du malheur arrivé au quartier latin lui revinrentt aux oreilles.

Évidemment qu'ils sont occupés, tout le monde les appelle à l'heure actuelle. Mais je ne peux pas attendre là, il faut que j'aille voir ce qu'il se passe ...

Elle prit son sac à main et son sac à dos duquel elle ne prit pas le temps de retirer la mini-trousse de soin dont l'utilité pourrait peut être se faire sentir, et après avoir rapidement fermé l'appartement, elle dévala les escaliers du bâtiment aussi vite qu'elle le pouvait, les pieds chaussés de compensées. Elle marcha jusqu'au plus près de la place et héla les rares taxis qui passaient. Elle monta dans celui qui daigna finalement de s'arrêter.

Allez à Nation ! Et le plus rapidement possible !

Le chauffeur acquiesça et dirigea son véhicule vers la destination voulue, mais sur quelques mètres seulement puisque rapidement des bouchons apparurent. Hann tenta une nouvelle fois de joindre son mari, mais ne reçut aucune réponse à son appel. Elle se demanda pourquoi il ne répondait pas, et commença à se faire tout un tas de films dans sa tête, se paniquant toute seule. Puis les roues du taxi finirent par ne plus bouger du tout, les véhicules environnants étant totalement bloqués, quasiment à l'arrêt.

Et bien, j'en ai vu des bouchons à Paris, mais certainement pas des comme ça, lâcha le chauffeur pour commenter. C'est sans doute dû au fait que plusieurs lignes de métro ont été coupées, les gens sont obligés de se déplacer autrement. Et puis quel désastre parait-il près de la gare là-bas ! J'ai rien vu de moi-même, mais les informations données par les radios sont inquiétantes. Je suis certain que les gens sont paniqués et cherchent à fuir l'endroit, de peur de voir d'autres attentats ...
Hann le laissait parler, hochant la tête, les pensées ailleurs. Elle finit par demander :
A quelle distance sommes-nous de notre destination ?
- Au moins 700 mètres ma petite dame !
- Bon et bien je vais continuer à pieds. Tenez ... Et gardez la monnaie.

Elle lui laissa l'argent et sortit rapidement du véhicule, toujours accompagnée de ses deux sacs. Elle continua à pieds sur le trottoir, et partout autour les gens sortaient de leurs véhicules voyant bien que la situation n'évoluait pas, et souhaitant avant tout comprendre la raison d'un tel embouteillage. Le temps lui sembla très long, d'autant plus que, bien que ses chaussures étaient confortables, il lui était impossible de courir sans arriver à se tordre une cheville. Elle adopta cependant un pas rapide, son inquiétude grandissant à mesure qu'elle arrivait sur les lieux de ce qui semblait être un accident ...
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Guilloux
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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Dim 22 Mai 2011 - 22:23

Fly sortit rapidement du bâtiment dans le 13ème arrondissement ou avait lieu sa formation, un vif regard sur sa montre, lui indiqua qu’il était 19h. La faim le tenaillait, et la durée du transport, trop longue selon lui, le mit en quête d’allez manger quelque chose avant de prendre son train.
Il marcha quelques rues en direction de la Gare d’Austerlitz, avant que ses yeux ne se portent sur un Kebab à l’allure plus fréquentable que ceux qu’ils venaient de croiser quelques minutes auparavant.

Le fast-food était doté d’un comptoir qui donné vers l’extérieur, il s’y arrêta brièvement pour reluquer la devanture, les différents mets proposés ainsi que leurs tarifs.
Il fouilla dans son portefeuille, à la recherche de ses derniers tickets restaurants, puis en arracha un.

Ses calculs finis et son choix désormais fixé, il prit la parole :


Chef, un Grec sans oignons ketchup et un coca, s’il vous plait.

Ok, ça roule. 8€ Merci.

Sur cette dernière parole, il tira nonchalamment une clope de son paquet et l’alluma à l’aide de son briquet, tout en sortant de la même manière son téléphone de sa poche. Il lança l’application de Facebook pour voir les dernières nouvelles pertinentes de ses proches.

Ok, Caro à encore fait un beau gâteau au chocolat pour le dessert, Jeff est en couple pour la troisième fois ce mois-ci et Thomas m’a invité à boire un verre samedi à son appart. Puis il entama la rédaction d’un SMS à sa mère lui indiquant, qu’il sera à la maison vers 20h30, puis frôla le bouton « envoyer »
Un message d’erreur se produisit à la fin du chargement de la barre de progression de l’envoi.


Putain quelle antenne de merde cet iPhone 4.

La deuxième tentative fut plus prolifique que la première. Il rangea son téléphone et jeta à quelques mètres de lui le mégot, avant de se racler bruyamment la gorge. Le repas était prêt, il croqua à pleine dent dans son sandwich avant de sentir à nouveau son téléphone vibré. Les mains pleines de sauces, il grogna bruyamment une quelconque vulgarité. Derechef Il regarda son téléphone :
Alerte infos : Des événements graves se passent au Quartier Latin, Nombreux blessés et sans doute des morts, La police est en nombre… pour plus d’infos cliquer ici.

il leva brusquement la tête, avant d’interpeller le gérant, il s’inquiéta de façon égocentrique d’être coincé et de galérer pour rentrer chez lui.

Hé chef, c’est dans quel arrondissement le quartier latin ?

Le 5ème, c’est pas très loin d’ici.

Merde…

Tout en mimant de se cogner la tête contre la table. Il arracha une dernière bouchée de son malheureux kebab à moitié entamé, mit la cannette dans son sac. Il prit ses jambes à son cou et se dirigea avec la plus grande rapidité vers la gare d’Austerlitz. Il S’arrêta quelques minutes après, le souffle court, ses mains posées sur les genoux.

Faut que j’arrête la clope sérieux…

Il leva ensuite la tête, devant une boutique de Hifi, les Télévisions de toutes marques et de toutes tailles en vitrine. Il se rapprocha interloqué devant les images : Des volutes d’une atroce fumée noire, des gens blessés et ensanglantés, des Forces de Police repoussant et sécurisant le périmètre. Il y était mention d’un attentat dans une gare ou dans un autre endroit, les informations étaient confuses. Les curieux comme lui se rapprochèrent également jusqu'à former une petite foule compacte. Un des hommes dit à un autre que c’était là, la vengeance d'Al-Qaida pour la mort de leur leader…

_________________
Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens.
Modérateur semi-actif / Contact par MP ou sur Guilloux.addict [AT] gmail.com


Dernière édition par Guilloux le Lun 23 Mai 2011 - 0:20, édité 3 fois
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Wazarnaud
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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Dim 22 Mai 2011 - 23:21

["Putain quelle antenne de merde cet iPhone 4" -> J'aime ce que tu fais Gui²]

Killian s'était à présent cloitré dans sa cuisine, son teint devenu cireux sous le coup du stress se reflétait dans la lame du large couteau à viande dont il s'était emparé près de son évier. Alors qu'une goutte de sueur coulait le long de sa joue, l'ingénieur réfléchissait à toute vitesse, mais sans beaucoup d'efficacité : le risque de subir le même sort que sa voisine, les conséquences judiciaires s'il tuait la chose qui grattait depuis tout à l'heure sa porte, et puis peut être que lui enfoncer une lame dans le bide ne suffirait pas à l'arrêter. Qu'est ce que pouvait bien être ce truc ?

Tout à coup, un détail interpella le résident. Plus un bruit, l'assassin de la voisine ne grattait plus à la porte. Le jeune homme pensa de suite à un piège et empoigna plus fortement son arme improvisée. Pas de bruit de pas, rien, rien d'autre que sa respiration haletante et irrégulière. Sans un bruit, Killian rampa vers son meuble à apéritifs et en sortit une bouteille de Cointreau entamée aux trois quarts, qu'il vida d'un trait avant de se faire violence pour ne pas tousser alors que l'alcool lui brûlait la gorge. Il prit quatre grandes inspirations et se décida à se lever.

Avançant avec prudence jusqu'à son salon, il put se rendre compte que sa porte était toujours fermée et que la chaine était encore mise. Pas d'intrus donc, cependant il resta sur ses gardes pendant qu'il saisissait son EastPack et le remplissait avec ce qui lui passait sous la main : matériel pour fumer, bouteille de Martini, outils pour son boulot, trousse et feuilles, quelques affaires de toilette... Ceci fait, il saisit son portable et chercha le numéro d'un vieux camarade qu'il savait à Paris : il était hors de question qu'il dorme sur place, quitte à réinvestir les lieux le jour d'après, une fois qu'il aurait prévenu la police et qu'il se serait lavé les mains de tout soupçon par rapport au meurtre. Répondeur.


Ouais euh... Pierre ? Désolé de te faire chier, c'est Killian, j'aurais besoin d'un pieu où dormir cette nuit, y'aurait moyen que ce soit chez toi ? Rappelle moi si tu peux, et euh... merci !

Il rangea son portable dans la poche de son blouson et prit son courage à deux mains, le Cointreau aidant. Sa main tremblante et moite se referma avec une fermeté feinte sur la poignée de la porte une fois la chaine enlevée et le verrou ouvert. Prêt à frapper avec son couteau de l'autre main, il ouvrit la porte, sentant l'adrénaline l'envahir brusquement. Par chance, le détecteur de mouvements se trouvait très exactement en face de sa porte, ce qui eut pour conséquence d'allumer la lumière de suite. Et là, devant lui, se dressait... rien. Absolument rien sinon la moquette marron rassurante du mur.

Un instant, Killian envisagea qu'il avait rêvé : tout paraissait calme dans la résidence. Il s'approcha légèrement de la porte de sa voisine, grande ouverte, et fut assailli par l'odeur de mort qui lui confirma qu'il ne rêvait pas. Pris à nouveau de panique, il se dirigea à grands pas vers l'ascenseur, qu'il appela. Le dos plaqué contre la porte de celui-ci, il attendit, en nage, le couteau tendu en avant. Après un sursaut à l'arrivée de son moyen de locomotion local, qui émit un "ding" sonore, il s'engouffra non sans s'assurer qu'il n'y avait pas déjà un ou deux cadavres, dans la cabine. La descente lui parut durer une éternité, et en plus une envie pressante vint taquiner sa vessie alors que passaient les numéros : 5, 4, 3, 2, 1... 0. "Ding", re-sursaut.

Killian balaya le hall de son immeuble du regard, puis, constatant qu'il n'y avait rien d'anormal sinon que le concierge ne paraissait pas être dans la loge, il s'avança fébrilement vers la porte d'entrée, qu'il franchit en manquant de se casser la figure sur une marche. Et il eut peur.

Nation est un endroit extrêmement fréquenté de Paris, certes. D'ailleurs, le quartier constitue le point névralgique de nombreux embouteillages, en particulier en journée. Mais là, les rues étaient bondées de gens courant en tous sens et hurlant. Les voitures s'étaient entassées jusqu'à être parechoc contre parechoc, à perte de vue. On entendait malgré la cacophonie des klaxons de voitures et de camions un enfant en sanglots demander sa mère, de l'autre côté de la route. Bousculé de manière répétée, Killian, bouche bée devant un tel spectacle de chaos, se mit en branle en suivant le flot prépondérant de la population, dans la direction opposée à l'arrêt de métro, après avoir rangé son couteau dans sa ceinture.

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Safana
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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Lun 23 Mai 2011 - 13:11

( http://www.deezer.com/listen-594822 )

A cet endroit particulier, la foule était en panique. Des voitures s'étaient encastrées les unes dans les autres, surement du à l'impatience de certains face à cet échappement total de la situation. Certains couraient aider les personnes visiblement blessées, d'autres préféraient abandonner leur voiture, voyant bien que rien ne ferait évoluer la situation avant un bon moment. Aucun secours n'était sur place, et de toutes façons, ils n'auraient jamais pu avoir un accès.
Hann resta un instant immobile face à ce spectacle inédit, quand un individu pressé la bouscula sans se retourner, fuyant vraisemblablement les lieux de l'accident. En se redressant, elle s'appuya doucement contre le mur le plus proche. Quelques voitures embouties devant elle étaient les spectatrices de leur propriétaire se lançant des invectives, accompagnés généralement d'un majeur dressé, geste universel et univoque. C'est à ce moment là qu'elle la reconnu : la caisse de nana que s'était pourtant acheté son mari. Coupé, cabriolet, d'un gris anthracite. Elle était au milieu de l'accident, défoncée à l'arrière par une petite voiture inutilisable, et appartenant vraisemblablement à un jeune conducteur si l'on en jugeait par le "A" collé à son derrière. Cependant à l'avant, seul le pare-brise était éclaté, ainsi que le haut du capot enfoncé. Avec la foule, la fumée, les cris, le sang, l'eau gisant d'une bouche à incendie défoncée, elle ne pouvait distinguer si son mari était encore dans la voiture. Elle s'avança, se faufilant dans les maigres espaces entre les voitures, ou en enjambant quand cela était nécessaire. Il y avait beaucoup plus de blessés qu'elle ne l'avait vu jusque là. Des corps avaient été sortis des voitures, mais certains ne donnaient plus de signe de vie. D'autres étaient encore coincés dans leurs véhicules, ensanglantés et gémissants. Hann passait devant ce paysage d'horreur, la gorge serrée par l'émotion et l'estomac retourné par des odeurs de chair arrachée mélangées à la fumée s'élevant de plusieurs engins. Elle s'arrêta un instant pour reprendre son souffle, et porta son foulard à son nez tout en fermant les yeux, afin de ne pas être spectatrice de tout ceci.
Elle salua mentalement les personnes qui, à chaque accident, se rendaient sur les lieux de par leur profession, et assistaient à chaque fois à un tel désastre. Elle n'aurait jamais pu faire une telle profession. Elle prit une grande inspiration dans son foulard portant son parfum, puis elle continua son périple jusqu'à la voiture accidentée de son époux.

C'est à ce moment qu'elle comprit ce qui sans doute avait été la cause des dégâts à l'avant de la voiture : au sol et juste devant la voiture, un corps affreusement mutilé ... Ou tout du moins la partie inférieure du corps. L'autre bout était sur le devant du capot opposé à Hann. Il manquait la moitié inférieur du visage et les yeux vitreux, égrotants, fixaient le ciel. Une odeur forte de souffre émanait de ce corps qui n'avait pu être aussi amoché d'un simple choc contre une voiture quasiment à l'arrêt au moment des faits.
Hann bénit silencieusement son foulard de se trouver sur son nez et de limiter l'accès à ses narines des odeurs désagréables. Elle prit une nouvelle grand respiration, essuya ses yeux humides et regarda finalement l'intérieur de la voiture qui l'intéressait, et n'y trouva personne. Il n'était plus là, mais ou avait-il pu partir ? Elle ouvrit la portière non verrouillée et s'assit sur le siège conducteur, encore accessible. Il lui sembla que le cuir était encore chaud, mais sans doute était-ce une illusion, ou bien l'effet de l'ambiance. Elle attrapa son portable et tente de le joindre à nouveau. C'est alors qu'elle entendit la sonnerie, et l'espoir se mit à grandir à mesure que la musique se faisait plus forte ... Jusqu'à ce qu'elle trouve le téléphone, mais sous le siège passager avant. Elle l'attrapa, laissant les larmes de frustration et d'inquiétude rouler sur ses joues poudrées.
Elle ignorait totalement à présent ou il pouvait être. Peut être était-il dans la foule environnante, mais sans son téléphone elle ne pouvait pas le retrouver. Peut être était-il parti à l'hôpital, alors peut être était-il blessé ... Mais elle ne voyait pas de sang dans l'habitacle. Elle ne savait plus quoi faire, ni ou aller. Elle ne savait pas si il était en danger, ou si au contraire il avait trouvé refuge quelque part ... Mais oui ! Un refuge ! Il était sans doute parti dans un endroit sur ou elle pourrait le retrouver, un endroit comme ... Comme ... Et bien en vérité elle l'ignorait. Elle ignorait totalement quel endroit il aurait pu rejoindre si il n'était pas blessé. Elle attrapa le paquet de mouchoir jetables dans la portière et se moucha dans l'un d'entre eux, avant de ranger le paquet dans son sac à main, et de jeter le mouchoir usagé dans la portière. Personne irait dire à ce moment là que son geste était peu hygiénique de toutes façons.
Elle se demanda finalement ce qu'elle allait faire, ou elle allait aller. Peut être à l'hôpital pour voir si il y était, ou peut être à l'appartement, mais dans ce cas elle l'aurait surement croisé en route. Elle se décida toutefois à sortir de la voiture, car l'endroit n'était pas sur, ni sain. Elle ferma la portière ce qui eu pour effet de faire tomber la moitié supérieure du corps affreux au sol. Elle grimaça, puis se dirigea du plus vite qu'elle le pouvait vers le trottoir, collant son dos au mur d'un bâtiment, et ne sachant pas dans quelle direction aller ...
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Guilloux
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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Lun 23 Mai 2011 - 18:37

Pff Al-Qaida mon cul pensa t’il à haute voix.

Fly fixa quelques instants les différents écrans avant d’en défaire le regard, le temps de reprendre tout ses esprits. Sa faible connaissance de Paris était pour lui un désavantage dans cette situation, c’est pourquoi il lança l’application « Plans » sur son Smartphone. Il y indiqua la Gare d’Austerlitz et ainsi connaitre l’itinéraire à pieds. Il ne se trouvait pas très loin de la Place d’Italie d’après sa géolocalisation.
Il se fraya tant bien que mal un chemin à travers la foule agglutinée autour de lui, non sans bousculer un ou deux badauds sur son chemin. Sa bouche était devenue pâteuse et sèche dut au stress de ne pas pouvoir rentrer chez lui. Il ouvrit alors sa canette de coca, non sans s’arroser avec, le tout accompagné d’un juron bien senti, inévitable dans de telles circonstances.

Il prit le Boulevard Auriol à la place du Boulevard de l’Hôpital se trompant de route et ce malgré l’aide de son téléphone. Il lui resta environ 1Km à faire jusqu'au pont de Bercy. Le voyage d’une dizaine de minutes fut ponctué de cris, de bruits de sanglots et d’explosions lointaines, mais les bruits qui revinrent les plus fréquemment étaient ceux des sirènes de la Police et des Pompiers. La première pensée qui lui vient était qu’une attaque de grande ampleur avait eu lieu ou était en cours en ce moment même. Merde, la France était entrée en guerre et lui n’était qu’un simple spectateur des événements...


Il continua sa route, jusqu'à croiser une voiture encastrée dans une vitrine et une autre entièrement retournée. Il contourna l’accident et entra vérifier dans le magasin défoncé s’il y’avait encore des survivants. Il ne vit rien, à part des monceaux de débris et une importante flaque de sang qui s’étendait sur près d’un mètre de long jusqu'à l’extérieur de la parfumerie. L’odeur tenace, était un mélange des odeurs des flacons et vaporisateurs cassés, des vapeurs d’essence et celle de la viande qu’on aurait trop cuite. Il retourna sur le rue, sortit son paquet de clope et cassa une cigarette en quatre parts égales. Il mit dans chacune de ses narines un des morceaux pour camoufler un peu l’odeur et remit le reste à l’intérieur de l’étui.
Il reprit son inspection sur l’autre voiture et y découvrit en sursautant une femme attachée, tête en bas, du sang à moitié coagulé sortant de son nez et de sa bouche.


Vous… vous allez bien Madame ?

T'as pas plus con comme question se dit-il, bien sur que non, elle baigne dans son sang. Fébrile et sans réponse, Il hésita quelques instants, puis approcha ses deux doigts près de la gorge et de la carotide de la victime pour prendre son pouls. Il ne sentit rien à part ses propres pulsations cardiaques et pour être quasi-sur de la mort de la femme et lui mit quelques tapes sur les joues en espérant la réveiller. Il re-rampa à l’extérieur du véhicule et s’assit tremblant près du trottoir, les mains posés sur sa tête et les larmes dans les yeux.

Putain, mais qu’est-ce qui ce passe ici...

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Wazarnaud
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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Mar 24 Mai 2011 - 11:24

Killian continuait à courir le long du boulevard Voltaire, suivant aveuglément le flot de ses concitoyens sur lesquels il avait fait le pari que l'un d'eux savait où il allait. Dans sa tête, ses pensées allaient à toute vitesse : que se passait il ? Etait ce dû à l'attentat ? Y'en avait il eu d'autres ? Etait ce la guerre ? A l'instar de nombre de ses semblables, le jeune homme se délectait d'habitude des mauvaises nouvelles à la télévision, mais à présent qu'il était au coeur d'une mauvaise nouvelle, il se sentait bien moins bien qu'affalé dans son canapé à zapper, une bière à la main.

Pris d'un point de côté, l'ingénieur se colla contre la paroi qu'il longeait, à côté d'un bar à la vitre brisée, et dont l'intérieur retourné en tous sens évoquait quelque scène d'apocalypse tirée d'un mauvais film catastrophe. Alors qu'il reprenait son souffle, un rapide tour d'horizon confirma le désastre qui courrait sur Paris : au sortir du rond point de Nation, les voitures ne se contentaient plus de s'entasser : tous les véhicules étaient plus ou moins accidentés, avec des dégâts allant de la tôle froissée, sur un bus scolaire, à une voiture méconnaissable qui avait pris feu non loin. Sous un camion abandonné, gisait le corps d'un motard disloqué par les roues du 7 tonnes 5 chargé à mort. Plus curieux, il sembla à Killian qu'une famille s'était enfermée dans un monospace. Les visages blêmes des parents n'avaient d'égale que l'incompréhension lisible sur le visage des jeunes enfants d'une dizaine d'années. La voiture était garée sur une placer de livraison, et semblait verrouillée, les fenêtres fermées.

Le jeune parisien ignora ce détail et se focalisa sur ce qu'il se passait sur le trottoir. Une femme aux cheveux châtains foncés longeait le mur dans la direction opposée à la sienne, remontant le fil des habitants à la manière d'un saumon remontant le fleuve. La rue était encombrée d'hommes d'affaires, de serveurs de restaurants et d'ouvriers courant dans un sens comme dans l'autre, fuyant à tour de rôle la place de la Nation et la rue des Boulets. Et, au milieu des cris affolés de la population en panique, mêlant de simples cris bestiaux à des "Au secours" ou des "A l'aide", une voix tremblotante et se voulant terrible se faisait entendre :


La fin du moooonde, la fin du mooooonde approoooche ! La fin du mooooonde est lààààà !

Pour qu'il y aie des prédicateurs, la situation devait vraiment être exceptionnelle, pensa Killian, qui sentait toujours son douloureux point de côté. Il re-regarda la femme qui se dirigeait vers lui quand soudain, une main cadavérique sortie d'une grille, au bas du mur, lui saisit la cheville. Il hurla.

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Safana
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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Mer 25 Mai 2011 - 13:17

Hann sursauta et se plaqua d'avantage contre son mur alors qu'un type hurla tout près d'elle. Elle tourna son visage vers l'individu en question, puis elle baissa les yeux sur la main affreuse sortie tout droit de dessous une grille au bas du mur.

Oh mon dieu ! Un clodo... Un clochard veut sortir !

Elle se surprit à se baisser dans le but d'aider l'individu à la main tendue, et se retrouva bientôt face à son visage. Son regard se focalisa directement sur sa grande bouche ouverte sur une dentition recouverte de sang, avec ce qui ressemblait encore à un doigt sur le point de s'engouffrer dans la gorge de l'individu monstrueusement inhumain. Elle recula vivement, se redressa dans un cri d'effroi tandis que, par réflexe, elle saisi l'ingénieur aux épaules tout en frappant la main du monstre avec des coups de pieds sur le poignet, et en tirant Killian avec elle vers la route, donc à l'opposé du mur. Alors que le monstre ne lâchait pas et sortait un peu plus à mesure qu'elle tirait, elle lâcha Killian, saisit la grille et frappa le crane de l'humanoïde avec, lui imprégnant la face d'un quadrillage, des gerbes de sang éclaboussant à chaque coup. Le monstre lâcha finalement la cheville prisonnière et s'engouffra dans son trou. Hann se recule, haletante et le cœur battant la chamade sous l'effet de l'adrénaline et de la peur. Elle regardait le trou de peur de voir surgir à nouveau l'être étrange, et elle recula d'avantage.
Hann tourna son regard sur Killian.

Est-ce que vous allez bien ? Qu ... Qu'est-ce qui est arrivé à ce type ? Je ... Les cannibales ... En Afrique juste ... Ou ?

Elle était paniquée, et en baissant le regard sur ses mains ensanglantées, elle frémit et entreprit de trouver quelque chose pour se les nettoyer à tout prix.
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Dyrm
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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Jeu 26 Mai 2011 - 19:12

WAAAAAAAI Mais t'es con ou quoi toi?! Fred! Pourquoi tu mords?! Lâche-moi! Lâche ça! Aaaaaaah, bordel mon doigt!

JJ envoya sa seringue dans un des bras qui tenait sa main, et en vida le contenu.

-Gggggg.

Fred le lâcha, et se dirigea vers la lumière. La dose faisant son effet.
Quand il aperçut que ce n'était pas Fred qui lui avait mordu et arraché l'annulaire gauche, le tox' se mit à chercher où était son meilleur pote, et fournisseur, accessoirement.
Deux gars étaient rentrés, deux gars vachement glauques. Des punks, sans doute, ou des skins... Y'avait que les skins pour s'en prendre ainsi à des pauvres et innocents drogués. L'un des deux était d'ailleurs en train de terminer de...

-Bordel! C'est quoi c'te merde? Mais... il est en train de le bouffer!

Alors qu'il faisait cette réflexion très pertinente en buggant sur son pote réduit à l'état de repas, il entendit un vacarme du côté du soupirail. Une bonne femme avait arraché la grille et tabassait un des skins tout glauques avec. Le mec s'effondra, le crâne complètement défoncé. Par réflexe de survie primaire et basique, JJ abandonna Fred et se hissa péniblement par le soupirail. La gonzesse ne le regardait pas, toute effrayée qu'elle était.

Safana a écrit:
Est-ce que vous allez bien ? Qu ... Qu'est-ce qui est arrivé à ce type ? Je ... Les cannibales ... En Afrique juste ... Ou ?

-Merci, t'es cool... Mais chui pas sûr qu'il était vraiment canibale, sans doute un skin de mauvaise, qui avait pas eu sa dose de la journée.

JJ déchira une manche de sa chemise et emballa sa main dedans. Il crevait vraiment de mal. Il jeta un oeil à la blessure.


-Merde. Cyanosé, un skin venimeux!

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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Ven 27 Mai 2011 - 0:32

https://www.youtube.com/watch?v=CviuyVDZ-D4

Fly s’était endormi depuis une durée indéterminée, seul, sur son petit morceau de trottoir poussiéreux en plein cœur de la capitale. Situation peu banal en de telles circonstances.

Il entendait des voix, et un bruit semblable à une cocotte-minute qui allait crescendo, un nom revenait de plus en plus souvent. C’était celui de Christophe, malheureusement il ne connaissait personne de ce nom. Les bruits se faisaient de plus en plus insistants et oppressants. Il sentit même une main tapoter son bras et un puissant frisson parcourant son échine. Il se leva en sursaut manquant de tomber à la renverse.

Christophe, Christophe, tu te lève ou quoi ? Ça fait 10 minutes que je t’appelle, bordel.

Il mit sa main en avant, comme pour se protéger d’une quelconque menace et la femme d’une trentaine d’années reprit de plus belle:
Je te cherchais partout, reste pas dans la rue, c’est dangereux, Allez viens Cri !

Ne comprenant pas trop ce qu’il se passait, ne savant pas trop ou il était et n’aimant pas être déranger peu de temps après son réveil. Il ne put que dire :

Mais, putain, arrête de me péter les ******. Je m’appelle pas Christophe. Tout en enlevant sa capuche pour prouver ses dires.

Ah désolé, je vous ai pris pour quelqu’un d’autre.

De même, dit-il tout en sortant une cigarette de sa poche. Un bref regard à gauche et à droite, lui remémora la scène et l’atmosphère. Il regarda l’heure sur son téléphone ainsi que les possibles messages et appels qu’il avait reçut.
La femme reprit la parole :


Euh, je vais vers le Pont de Bercy, apparemment la Police s’y trouve.

J’y vais aussi, ça tombe bien, je dois allez à la Gare d’Austerlitz ou à celle de Lyon, je dois à tout prix rentrer chez moi.

Les deux compagnons d’infortunes continuèrent leur périple incertain jusqu’au pont providentiel. Ce boulevard normalement très fréquenté était étrangement calme, hormis quelques personnes qui marchaient ou couraient dans les deux sens. Seuls les lointains bruits d’hélicoptères brisaient la sinistre quiétude des lieux. Ils avancèrent comme cela encore dix minutes, jusqu'à croiser une sorte de check point barricadé à la hâte par des sacs de sables et des matériaux de constructions tenu par une quinzaine de CRS lourdement équipés et en armes. Un VAB se tenait derrière eux, dont les projecteurs et la tourelle 12.7 étaient pointés vers le Pont. Plusieurs militaires y étaient accoudés, occupés autour d’une radio militaire et de plans de la ville.
Il se dirigea vers un des colosses en armures et lui demanda si le pont était bloqué et quelle était la situation réelle dans la ville. Il eu quelques vagues réponses à ses nombreuses questions. Le policier devenait de plus en plus irrité à mesure de l’entretien et Fly préféra par prudence et dans l’intérêt de son intégrité physique de couper court à la discussion tant il sentit la nervosité monter chez eux.

Il retourna près de la femme, dont il ignora jusqu'à le nom et lui raconta essoufflé ce qu’il avait récolté :


Le pont de Bercy est fermé ainsi que la gare d’Austerlitz mais apparemment le Pont Charles de Gaulle est encore ouvert et que des gens se rassemblent près de la Gare de Lyon. D’après leurs infos, la situation est due à des explosions dans des gares et dans d’autres endroits, puis qu’il y’a eu pas mal d’accidents de bagnoles. Il a aussi dit que des gens avaient été attaqués. J’ai vu pas mal de douilles par terre, au centre du check point, J’en sais pas trop en fait, ça me parait bien chelou tout ce qui se passe.

La jeune femme le prit par le bras pour lui signifier qu’ils devaient reprendre la route jusqu’au prochain pont.

Au fait, je m’appelle Espoir.

L’espoir, je vais en avoir rudement besoin pensa-t-il…

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Wazarnaud
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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Ven 27 Mai 2011 - 15:37

Killian peinait à contrôler les tremblements qui le prenaient suite à la montée d'adrénaline conséquente à l'attaque du truc dans la cave, si bien qu'il resta bouche bée devant la femme qui l'avait sauvé, pendant qu'un squatteur puant le crasse sortait de l'orifice par lequel l'agression avait eu lieu. Il les regarda tous les deux tour à tour, tentant désespérément de reprendre le contrôle sur ses muscles tétanisés et sur ses pensées affolées. Après quelques dizaines de secondes qui lui parurent durer une éternité, sa langue se délia enfin et il put -avec difficulté- articuler quelques mots !

Euh... euh... merci... de... enfin bref... Mais B*RDEL qu'est ce qu'il se PASSE ? C'est quoi ça ? demanda t'il en pointant du doigt la cavité dans le mur encore tâchée du sang de la chose qui lui avait attrapé la cheville.[i] D'abord, ce... ce truc chez ma voisine, et maintenant, ça ! Mais c'est la fin du monde ou quoi ?

[i]Autour du petit groupe, le flux de personnes s'était grandement calmé entre temps, de temps à autre, un homme d'affaires en costard cravate passait en courant et en haletant. Les sirènes de la police avaient cédé la place à un silence de plomb déchiré par intermittence par le passage d'hélicoptères dans le nuage de fumée qui s'élevait à présent dans le ciel de la capitale. Killian comprit vite lorsqu'il vit ses deux camarades de fortune, que ni l'un ni l'autre ne pourrait apporter les réponses à ses questions. Il inspira un grand coup, ravalant un sanglot, puis soupira.


Bon, je crois qu'on est tous dans la même merde. Moi, c'est Killian, ingénieur en électronique. Et vous mêmes ?

Ses deux compères se présentèrent à leur tour : une femme au foyer et un branleur, ça promettait...

J'habite pas loin et je vous inviterais bien à prendre un café, mais y'a une sorte de tueur en série qui se promène dans les couloirs, je pense que je vais m'abstenir, hein ?

Voyant que ce trait de très mauvais humour ne faisait rire personne, pas même lui, il décida de prendre une décision.

Allons nous poser dans un bar, histoire de discuter.

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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Sam 28 Mai 2011 - 0:15

La pression due à ces enchainements d'instants riches en stress commençait à descendre. Hann avait réussi à nettoyer le sang grâce à une lotion désinfectante achetée un an et demi auparavant, alors que le pays était "envahi" par la grippe A. Elle n'avait pas vu le type sortir du trou, mais elle le remarqua quand il ouvrit la bouche. Il portait un tablier et semblait complètement à l'ouest ... Un peu comme elle après tout. Différemment, mais avec certaines ressemblances. D'ailleurs, elle n'avait même pas remarqué qu'il était blessé à la main ... Ni qu'il y manquait un doigt.
Elle avait laissé Killian se présenter, et poser des questions auxquelles elle n'avait aucune réponse. Ils étaient dans une situation qu'elle trouvait étrange, mais étant donné les circonstances, elle accepta de suivre les deux hommes dans le premier bar trouvé, "Chez Marcel".


Il était déjà tard mais en temps normal, l'endroit aurait du être plein. Il n'en était rien, puisque la terrasse comme l'intérieur étaient vides, et c'est agréablement que le patron accueillit ses trois seuls clients de la soirée. Han s'installa de manière à être face à la rue. Ainsi, si un autre attentat arrivait, et bien qu'elle ne pourrait pas y échapper, elle ne serait pas prise au dépourvu. Personne n'aimait les mauvaises surprises, mais Hann elle, les appréciait encore moins que les gens normaux. Elle commanda un petit punch et, lorsqu'il lui fut servi, se mit à écraser distraitement le citron vert au fond du verre, avec la touillette.

Les événements prennent une drôle de tournure ... Qui eut cru ce matin en se levant que Paris serait une victime aujourd'hui ?

Elle but une gorgée de son breuvage, avant de demander à JJ :

Et d'où vous sortez vous ? Je ne vous ai pas vu débarquer ...

Puis à l'intention de Killian :

Et vous, vous avez un tueur en série dans votre bâtiment ?!

Elle termina son verre.

D'ailleurs ... Il va bientôt faire nuit, et nous ne devrions pas rester dans la rue. Déjà que de jour, ça craint ... Enfin aujourd'hui ça craignait, alors de nuit ... Il faudrait rester dans un endroit sur pour la nuit. Je n'habite pas dans le coin mais ...

Et elle se demanda soudainement si son mari n'était pas finalement rentré à l'appartement. Elle attrapa son portable et tenta de joindre le fixe de l'appartement. Aucune réponse. Mais ou pouvait-il bien être ?

Mais j'ai les clefs d'un appart' ou aucun voisin n'est psychopathe. Enfin je crois. Quoi qu'il en soit, je n'ai pas pour habitude d'inviter des inconnus chez "moi", mais étant donné que je ne me sens pas de rentrer seule dans des rues aussi peu sures, avec des types qui sortent du bas des murs ... Sans vouloir vous blesser, rajouta-t-elle à l'intention de JJ, avec un sourire. Il va bien falloir nous y faire. Et vous n'allez pas rester dans la rue comme ça. Il y aura surement de quoi grignoter, et sans aucun doute de quoi dormir au moins dans un minimum de confort, et de sécurité. Qu'en dîtes-vous ?

Elle les interrogea tous les deux du regard. Elle savait à cet instant même qu'elle était sur le point d'inviter deux types louches chez elle, mais après les événements de la journée, elle pensait que vraiment rien de pire ne pourrait lui arriver. Dans quoi venait-elle encore de s'embarquer ...
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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Sam 28 Mai 2011 - 2:21

JJ avait commandé une bière. Ca lui userait ses derniers euros, mais plus il en apprenait sur la situation, plus il commençait à croire que bientôt, l'argent n'aurait peut-être plus d'importance.
Son doigt lui faisait mal. Il ne savait pas trop quoi faire. Il faudrait qu'il ait accès à un labo. Un truc avec un évier, peut-être de quoi chauffer, si possible un microscope. Il pourrait peut-être...

Il en était là dans ses pensées quand Hann, c'était le nom de la bonne femme qui avait défoncé le crâne de qu'il appellerait le Veniskin jusqu'à savoir exactement ce que cela pouvait être, proposa qu'ils rentrent tous ensemble chez elle.


-Ah wai, cool. Genre on rentre tous chez vous, pis on se roule un petit pétard. Cool!

Face aux regards incrédules et, apparemment, choqués des deux autres, il ajouta:

-Ok ok, on peut aussi réfléchir à sauver not' peau. Perso, si ça vous dérange pas, j'aimerais d'abord essayer de trouver un endroit où je pourrais laver ça.

"Ca" étant sa main qui, bien qu'emballée dans un semblant de bandage en tissu, semblait gonfler...


-C'est ce con de truc qui m'a mordu, et je crois qu'il avait bouffé un cadavre pour avoir la gueule à ce point pleine de bactéries...

*Et puis, pour une fois, j'aurais un chouette truc où squatter...* pensa-t-il par devers lui...

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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Dim 29 Mai 2011 - 15:35

[Musique d'inspiration]

Killian, quant à lui, avait commandé un triple mojito auprès du tenancier, un grand chauve à moustache, d'une cinquantaine d'années, qui arborait en permanence l'air déconfit des parisiens désabusés. Celui-ci devait tellement être habitué au chaos parisien qu'il se comportait comme si rien ne se passait à l'extérieur, nettoyant avec un chiffon d'un blanc cassé son bar vernis et les différentes tables inoccupées.
Lorsque le jeune homme revint à la table, Hann exposait son plan, plan qu'il était incapable de refuser au vu de son état d'esprit coincé entre terreur et désespoir. Il repensait à sa voisine, c'était une gentille fille, pas vraiment son genre, mais elle avait toujours été courtoise, elle l'avait même invité à manger chez elle le jour de la fête des voisins. Il l'avait presque vue mourir sous ses yeux, et cette scène lui inspirait un dégoût qui hantait insidieusement la moindre de ses pensées.
Killian revint tout à coup à la situation présente, opinant vigoureusement du chef à la proposition de Hann, et plus discrètement à celle de JJ. Cependant, il tiqua lorsqu'il entendit la mésaventure de ce dernier. Un meurtre à côté de chez lui, c'était une chose, du cannibalisme presque au pied de son immeuble, c'était une chose en plus. Il pensa avec amertume à des paroles qu'un camarade classe avait eu, un jour, dans des circonstances dont il ne se rappelait pas : "Une fois, c'est un hasard, deux fois, c'est une coincidence, trois fois... c'est l'Adversaire." Et là, à cet instant précis, l'ingénieur sentit que tout était lié, que quelque chose de malsain planait sur la capitale... et peut être même ailleurs. Il devait y réfléchir pour trouver le lien, mais pas ici...


Hann a raison, suivons la jusqu'à son appartement. Avez-vous de quoi soigner la blessure de JJ ? Je pense qu'il y aura des pharmacies sur le chemin, puisque je suppose que, les métros et les routes étant bloqués, nous y allons à pied ?

L'intéressée répondt par l'affirmative, ajoutant que son logement se trouvait à une bonne demie heure de marche, de l'autre côté de la Seine. Après avoir fini leurs consommations, cul sec dans le cas de Killian, ils se lévèrent, saluèrent le barman exténué qui s'était assis dans un coin, et partirent à la file indienne dans les rues désertées de Paris.

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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Lun 30 Mai 2011 - 20:56

Fly avait reprit son chemin sur le quai d’Austerlitz toujours accompagné de la brune d’une trentaine d’années qu’il avait rencontré précédemment au hasard d’une rue. Elle lui avait passé son bras sous le sien comme s’ils étaient de vieux amis. Tout en regardant l’inquiétant fleuve à côté d’eux, ils entamèrent la conversation.

Et moi je m’appelle Fly.

Fly ? C’est pas banal comme prénom.

Normal, c’est pas vraiment mon prénom mais juste un pseudo qu’il a remplacé. Mais au fait c’est qui Christophe ?

C’est mon cousin, on était censé se rencontrer sur Paris près d’ici mais avec tout ce qu’il s’est passé et je n’arrive pas à le joindre sur son téléphone.

Il voyait quelque chose flotter dans la Seine, mais le temps de proposer et d’allumer une cigarette à sa nouvelle connaissance, la forme disparue. Ils se racontèrent un peu leurs vies, leurs travails, contrairement à son habitude il alla jusqu'à prendre son numéro de téléphone, qu’il rentra prestement dans le sien.

Heureusement que t’es venue me réveiller tout à l’heure, sinon j’y serai encore et puis y’a pire comme compagnie.
La route était remplie de voitures laissés à l’abandon et de cette étrange odeur qui emplissait l’air. Fly la sentait malgré les morceaux de cigarettes placés dans son nez. Ils arrivèrent près du Pont Charles de Gaulle qui étrangement était parfaitement dégagé à l'exception d'un étrange barrage à son entrée.
Le silence laissa place à un officier qui lançait ses ordres tonitruants à son escouade.


Putain, Vassili je t’ai dis de foutre la Minimi en batterie ici et le Eryx là-bas et pas l’inverse, tas d’incapables. Johnson tu prends l’Hécate avec toi. Sécurisez-moi ce périmètre nom de dieu.

Le petit groupe se présenta à ce qu’il lui semblait être l’entrée du Pont. Le sergent au visage sévère vint à leurs rencontres et se présenta également.

Sergent Schwarz, 2 REI.

La légion, ici ?

Oui, Fiston.

On souhaite traverser, pour allez à la Gare de Lyon.

Ca serait mieux pour vous, l’endroit est sécurisé. Y’a un hôpital de campagne et de la bouffe distribué par la Croix Rouge, dit-il dans un Français sans trop d’accent.

Fly et Espoir, traversèrent rapidement leurs défenses et cette dernière lui dit :

Je crois que j’ai jamais vu autant de flingues de toute ma vie.

Moi, non plus c’est assez impressionnant.

Regarde cette montagne de voiture, dit-elle en pointant son doigt dans sa direction.

Voilà qui explique pourquoi, ce pont était si dégagé…

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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Mar 31 Mai 2011 - 20:32

Les trois compagnons de fortune marchaient dans les rues désertes. Hann marchait plutôt lentement, fatiguée de cette journée mouvementée et les pieds lourds, enfermés dans les compensées. La première chose qu'elle ferait en arrivant à l'appartement, ce serait changer ses chaussures. Sans doute mettre ses pantoufles, voire rester pieds nus. Elle devait avoir plusieurs ampoules, il faudrait sortir la boite de pansement. Et il fallait surtout soigner JJ. Quel type d'individus à part des cannibales ou des psychopathes pouvaient en arriver à bouffer le doigt d'un autre type ?

A cette allure, ils avançaient doucement. Ils croisèrent bien une pharmacie, mais l'affichette sur la porte d'entrée les renvoya vers une pharmacie de garde. C'est pourquoi ils continuèrent à déambuler vers leur destination, avançant dans les rues éclairées et jonchées de voitures abandonnées. Les petites ruelles quant à elles ne donnaient pas l'envie de s'y rendre, d'autant plus qu'il n'était pas rare d'entendre des bruits résonants dans le silence anormal ambiant.

C'est alors qu'ils virent la croix verte et clignotante caractéristique des pharmacies. Le bruit de l'enseigne tranchait dans ce silence, et les invitait à entrer, comme une lumière attirerait les papillons de nuit. La lumière dans la boutique était clairement allumée, indiquant qu'elle était donc ouverte. Hann et ses compagnons se dirigèrent vers la petit fenêtre sur le devant du bâtiment, là ou était sensé être le pharmacien attendant ses clients. Or le siège était inoccupé.


Peut être qu'il est dans l'arrière boutique ...

Hann se dirigea vers la porte automatique dans le but de frapper à la vitre mais lorsqu'elle arriva devant la porte en question, cette dernière s'ouvra comme elle l'aurait fait en plein jour. Elle entra, toujours suivie de ses compagnons. A l'intérieur, de nombreux produits étaient éparpillés au sol, comme si une bagarre avait éclaté sur les lieux, ou que quelqu'un avait délibérément tout mis en désordre. Sur un mur, une empreinte de main rouge et tout à coup, ils entendirent un bruit suspect venir de l'arrière boutique ...
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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Mer 1 Juin 2011 - 12:30

La pharmacie... Enfin. JJ se trouvait dans un élément qu'il connaissait : chimique, médical, aseptisé... Hann et Killian se dirigeaient gentiment et poliment vers le comptoir, que déjà, le tox' fouillait dans les présentoir. Mais le foutoir au sol ne l'aidait pas dans sa recherche. Les médicaments et autres produits pharmaceutique étaient éparpillés sur le sol sans distinction d'utilité ou de composition.

-Bordel, c'est où? C'est où?! OÙ IL A MIS CA CE CON !!!

Il ne lui fallut néanmoins pas trop de temps pour trouver ce qu'il cherchait : Iso-bétadine, solution aqueuse. Reconnaissable à sa bouteille jaune vif! Basique, mais bon...
Il dévissa le capuchon, puis enleva son bandage.


-Et meeeeeerde!

La cyanose s'était développée, et maintenant, elle atteignait presque son poignet. Si ça continuait, il risquait au mieux de gangrainer, au pire... Il préférait ne pas imaginer le pire. Ses cours lui avaient montrés des images de cellules touchées par un venin spécifique, une araignée exotique dont il n'arrivait pas à se souvenir du nom, qui faisait muter les cellules du sang pour qu'à leur tour, elles aillent contaminer d'autres cellules. Une morsure au pied mettait douze heures à tuer.
Il déglutit péniblement avant d'asperger son doigt de désinfectant.


Waaaïï !

La brûlure lui donna bon espoir : sa main n'était pas encore tout fait morte... Au même instant, il vit les deux autres tout paniqués, se retourner d'un même mouvement vers l'arrière boutique. Il remarqua alors la trace de main sur le mur, rouge avec quelques reflets bruns. JJ devint livide...

-Les mecs... Hé les mecs... Ce truc, c'est du sang!

Il rejoignit les deux autres et tous trois avancèrent vers la pénombre du laboratoire de l'arrière-salle...

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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Mer 1 Juin 2011 - 19:01

De l'obscurité qui régnait dans le fond de l'arrière salle, de laquelle Hann et Killian s'étaient approchés, sortit un râle court et rauque, et quelques bruits de verre brisé. Killian fit quelques pas en avant, se plaçant devant sa camarade de fortune, lorsque les bruits s'éteignirent, laissant place à un silence anxiogène. Killian souffla, dans une brève expiration :

Y'a quelqu'un ?

Avant même que sa voix ne finisse de résonner dans le petit local, une silhouette décharnée se jeta sur lui, le renversant dos contre terre, Hann cria de surprise tant l'attaque avait été rapide. Déjà, le jeune homme se débattait avec force, malgré ses bras entravés par l'humanoïde qui lui avait bondi dessus, et qui à présent tentait de lui mordre les joues. Envoyant sa tête à droite à gauche pour esquiver les coups de dents de son adversaire, Killian sentit l'adrénaline monter au plus profond de lui même, le prenant aux tripes, accélérant son rythme cardiaque et lui donnant une vigueur nouvelle. Il réussit à se libérer un bras de l'emprise de son agresseur, et en profita pour lui envoyer un poing dans la figure, qui fit mouche sans pour autant ne serait que ralentir les attaques de la chose. Il envoya une seconde fois son bras, de toutes ses forces, et sentit ses phalanges s'enfoncer, comme au ralenti, dans la figure de l'autre, dont la mâchoire craqua d'un bruit peu ragoûtant. Il eut alors une ouverture d'une fraction de seconde, qui lui permit d'envoyer ses deux pieds joints dans le ventre de la chose, l'envoyant dans des cartons défoncés, contre le mur du fond de l'arrière boutique.

Gémissant, Killian se glissa, toujours dos à terre, vers Hann, qui, à moitié remise de sa stupeur, l'aida promptement à se relever, pendant que la silhouette se redressait également devant eux. Les yeux de Killian, à présent habitués à la pénombre, purent faire immédiatement le rapprochement physique et mental entre la chose qui avait tué sa voisine et ce qui se tenait devant eux à présent.

La créature montra ses dents jaunies dans un cri strident qui arracha une grimace à chaque membre du groupe, donc JJ qui, alerté par les bruits de combat et les cris, s'était approché de la scène horrifiante. Sans plus d'hésitation, et bien décidé à passer ses nerfs mis en pelote par la terreur, Killian se saisit d'un escabeau qui trainait à côté et le leva bien haut pendant que l'humanoïde s'avançait à vitesse modérée. Lorsqu'il fut à portée, Killian abattit de toutes ses forces l'élément de mobilier sur le crâne de l'agresseur, faisant retentir un "crac" sonore et faisant jaillir une giclée de sang qui souilla sa figure. Tout d'un bloc, la chose tomba à terre, inerte.

L'escabeau glissa des mains tétanisées de Killian, qui tremblait violemment malgré l'air hargneux imprimé sur son visage. Il haletait et suait à grosses gouttes alors que doucement l'adrénaline retombait en lui. Il cracha par terre avec un grognement qui se voulait intimidant, avant de se tourner vers ses compagnons.


Une fois, c'est un hasard... Deux fois, c'est une coincidence... Trois fois... Dépêchons nous, je ne sais pas ce qu'il se passe, mais ça pue !

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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Mer 1 Juin 2011 - 23:46

Attends!

JJ déblaya le comptoir en envoyant tout par terre. Une soudaine excitation, bien différente de la frayeur qu'il venait de se taper, pointait en lui.

Tu saurais m'aider à le coucher ici? demanda-t-il à Killian. Et toi, ajouta-t-il à l'intention de Hann, essayer de me trouver de la morphine dans tout ce foutoir...

Les deux autres le regardèrent bouche bée. Il lisait l'incompréhension dans leurs yeux.

J'ai ma trousse de dissection ici, avec moi. Toujours, d'ailleurs. Ce... truc... est mort, enfin j'veux dire, il semblait déjà l'être avant ton attaque. Regarde sa peau, elle est déchirée, comme un vieux parchemin rigidifié.

Devant leurs œillades inquiètes pour sa santé mentale, il développa son idée

D'habitude, les morts sont pas dangereux, mais celui-là, il était vivant...Je peux essayer de comprendre ce qui se passe, ce que c'est que ce truc! J'ai fait de la bio animale, et j'ai pas trop perdu la main. Enfin, si j'ai les esprits "clairs"... Mais pour ça faut que je le dissèque!

Son esprit scientifique reprenait le dessus, mais ses mains tremblaient... S'il ne prenait pas une dose rapidement, il allait entrer en crise de manque, et il frissonna à cette idée...

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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Jeu 2 Juin 2011 - 11:50

Hann était encore sous le choc. Elle venait de voir un autre type s'en prendre à Killian, et il avait clairement l'intention de le bouffer ! Dans quel merdier ils avaient bien pu se fourrer ...

Moi je touche pas de "truc" ! Si ça se trouve c'est pleins de saloperies ....

Puis JJ lui demanda de chercher de la morphine.

Euh ... Je vais chercher ça oui !

Elle ne savait évidemment pas à quoi ressemblait le contenant de la morphine. Une petite boite en carton ? Des cachets ? Un liquide ? Une seringue ?! Et puis il était ou le pharmacien d'abord ... Elle se tourna vers la chose inerte au sol.


C'est peut être lui le pharmacien ... Bien qu'il était affamé, il sera pas en mesure de nous renseigner ... Tseuh !

Elle sourit en lâchant ces quelques mots absurdes, voulant se rassurer elle-même avec des allusions pas drôles. Elle fouillait dans tous les tiroirs coulissants, toutes les étagères.

Et on est obligés de faire ça ? Je veux dire ... De l'ouvrir. C'est quand même un mec, il a le droit à un cercueil, et puis on sait pas si sa famille serait d'accord qu'on l'ouvre. Il a peut être une carte de don d'organes ? On sait jamais, si on nous prend sur le fait, on pourrait avoir des soucis avec la justice ... Faudrait qu'on se dépêche à rentrer à la maison.

Ne trouvant clairement pas ce qu'elle cherchait, et lançant des regards alentours, aux aguets, elle lâcha finalement :

Euh ... Ça ressemble à quoi la morphine ?
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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Dim 5 Juin 2011 - 16:26

Les deux compagnons passèrent le pont sans entraves et furent témoins d'un étrange balai de bulldozers qui déblayaient non sans mal les carcasses de voitures jusqu'à en formé une montagne.

Certaines voitures tombèrent dans la Seine, dans un bruit assourdissant qui ne manquait pas de faire sursauter les deux jeunes-gens.

Ca ne va pas arranger la pollution de la Seine, cette histoire, souffla t-il dans un profond soupir.

Ils entrèrent dans le camp tenu par la croix rouge et qui servait d’hôpital de campagne provisoire et compte tenu des événements sa présence n’était pas superflue. La queue pour la distribution de nourriture était impressionnante et se déroulait dans le calme. Aucun autre bruit ne se faisait entendre à part le bruit des opérations de terrassement et les jurons du chef de chantier à ses troupes.
Ils avancèrent jusqu'à un bureau ou se tenait deux femmes chargées de faire le tri entre les blessés et les orientés au cas où au cas par cas. Ils se présentèrent brièvement et signèrent un bloc d’émargement et donnèrent leurs groupes sanguins. Une infirmière leur demanda s’ils étaient blessés et puis passa à une rapide inspection des yeux à l’aide d’une puissante maglite.


Ah merde, je vois plus rien, ça sert à quoi de faire ça, lâcha le jeune homme en titubant tel un homme saoul.

Mesure de précaution.

C’est quoi cette connerie, c’est comme ça que vous faites un check-up maintenant ?

Si vous êtes en bonne santé, pouvez vous donner de votre sang, on en manque pour soigner les blessés.

Sa camarade s’empressa de répondre par l’affirmative et pour ne pas passer pour quelqu’un de peu courageux, il fit de même fébrilement.
Bon, tombe pas dans les pommes, tombe pas les pommes pensa t-il.


Vous n’avez pas deux trois cocas s’il vous plait, j’ai un peu soif, et puis rassurez moi c’est stérile vos trucs ?

Ils s’allongèrent sur deux lit de fortunes, angoissé à l’idée de perdre de son sang et donc un peu de ses forces, l’infirmière peu dupe de la situation, le rassura, installa la machine et la raccorda à son bras. Il se sentait bien et décontracté près à s’endormir mais s’était sans compter les petites claques que lui avait mise l’aide soignante.

Faut pas s’endormir jeune homme.

A finir

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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Lun 6 Juin 2011 - 17:20

Killian n'avait aucune idée de ce à quoi ressemblait la morphine, cependant il se doutait que ce genre de produit dont la distribution était étroitement réglementée ne se trouvait pas en vitrine. Aussi interpella t-il Hann depuis l'arrière boutique :

La morphine doit être par ici, je vais la chercher tant que j'y suis. En attendant, vu l'état de cette pharmacie, je ne pense pas qu'on nous en veuille de faire le plein de médicaments... Cherche des trucs utiles dans les étagères : antibiotiques, antalgiques, analgésiques etc, tout ce qui aura une utilité si on se fait mordre par ces trucs. D'ailleurs, JJ, trouve toi de la crème antiseptique à mettre sur ta main, on sait pas où ce qui t'a mordu a trainé...

De son côté, il tâtonna le mur à côté de la porte afin de trouver l'interrupteur pour la lumière. Celui-ci trouvé et enclenché, il laissa quelques secondes à ses yeux éblouis pour s'habituer à la luminosité et enjamba le cadavre de son agresseur, notant au passage que celui-ci portait les lambeaux d'une blouse de pharmacien.

Je crois que j'ai trouvé le pharmacien...

Il avança un peu plus profond dans le local et commença à fouiller les cartons disposés sur les étagères de métal qui l'entouraient, saisissant petit à petit la logique du rangement du pharmacien malgré les quelques cartons écrasés au sol. Il eut vite fait de trouver la morphine, rangée à côté de doses de métadone qu'il glissa sournoisement dans ses poches, "au cas où", bien que la petite voix dans sa tête lui cria très fort dessus. Il prit aussi quelques bouteilles d'alcool à 90°, devenues rares avec la loi interdisant sa vente aux particuliers, toujours "au cas où".

Peu à l'aise en présence d'un cadavre, Killian sortit aussitôt que possible de la pièce et rejoignit ses compagnons. Au passage, il empoigna un grand sac plastique à l'effigie de la pharmacie et y mit les doses de morphine, ainsi que des pansements et des bandages qui se trouvaient derrière le comptoir. Bien qu'il disposait de morphine sous forme d'injection, il passa à JJ la boite de gélules de morphine, moins violentes mais plus pratiques à administrer, puis jeta un oeil à l'extérieur. Les rues étaient étonnamment vides, et un silence pesant s'était installé dans la capitale, au point d'en devenir oppressant. Un vent chaud s'était levé, soulevant des dizaines et des dizaines de journaux et de magazines déchirés, et balladant ça et là quelques cendres.

Comme les pieds de l'ingénieur commençaient à le faire souffrir, peu habitués à autant marcher, Killian se tourna vers la femme qui l'accompagnait et l'interrogea :


C'est encore loin ton appartement ?

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MessageSujet: Re: Une journée particulière   Mar 7 Juin 2011 - 16:29

Le temps que les deux autres cherchent la morphine, JJ avait découpé d'une main tremblotante le thorax du cadavre du mort. Ce paradoxe risquant de l'emmener loin dans un mini-trip qui ne serait pas des plus utiles, il se concentra sur la cadavre. Les organes étaient comme momifiés, desséchés.

Bon... Comment on faisait déjà? Ah oui... Causes de la mort...

Il regarda le corps, perplexe. La dernière cause connue était le crâne défoncé. Cela, c'était assez évident. Et la première devait avoir été une hémorragie interne : une des veines caves était sectionnée. Sauf si ce ... truc... avait eu cette blessure après... après quoi au juste?

Merde... Si ça c'est pas clair... Alors : causes de la vie...

Il haussa un sourcil en s'entendant dire cette phrase qui n'avait aucun sens. Toutefois, il s'octroya un instant de réflexion pure. Un de ses profs disait toujours : analysez toute les hypothèses, puis éliminez-les et la dernière qu'il vous reste est forcément la vraie. Il se pencha donc sur la question... Le corps, une fois mort, ne pouvant se remettre à vivre seul, il fallait que quelque chose l'y ait poussé. Un seul homme n'aurait pas pu réveiller suffisamment de mort, quelle que soit sa méthode et les cacher, s'ils étaient aussi agressif, pour envahir Paris à cette vitesse. Donc soit ils se réveillaient entre eux, ce dont JJ doutait au vu de l'atrophie de leur cerveau.

Même un reptile en a un plus gros... Donc ils agissent comme des animaux... Mais alors...

Le seul organisme qui pourrait refaire vivre un corps, selon toutes ses idées serait un genre de parasite, de virus...
Virus? Il regarda sa main... Cyanose!


-Bordel de merde, dit il en pâlissant soudainement...

-C'est encore loin ton appart? entendit-il Killian demander à Hann.
-Attendez deux secondes, j'arrive tout de suite.

Il pénétra dans l'arrière boutique, s'empara du premier microscope qu'il trouva et de tout le matériel qui lui semblait utile : seringue, bande propre, mortier et pilon...

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