Ce n'est pas la fin. Ce n'est même pas le commencement de la fin. Mais c'est peut-être la fin du commencement. A vous de continuer l'histoire...
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 Leya, la voleuse de fées

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La baronne Louise
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MessageSujet: Leya, la voleuse de fées   Jeu 3 Mai - 19:42

hrp/ Salut les gens ! C'est la première fois que mon amie et moi commencons une histoire sur ce forum alors soyer clément ! Merci !
Et surtout, bon amusement ! ! /hrp

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La baronne Louise
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MessageSujet: Leya, la voleuse de fées   Jeu 3 Mai - 20:54

Cela faisait maintenant deux heures que Leya arpentait cette place bruyante et surpeuplée. Elle n'en avait toujours pas vu.
Elle slalomait entre les costumes colorés habillant toutes les personnes présentent, quand enfin, elle la vit.
Elle se précipita sur l'éclair doré et sortit un petit filet (comme ceux pour attrapper les papillons mais en plus petit) attaché à sa ceinture. Elle le brandit en l'air et tenta d'attrapper ce qui semblait être une petite luciole. Malheureusement pour elle, la luciole y mit le feu.
Leya émit un grognement furieux et marmonna : "j'aurais dû m'en douter, ces trucs, c'est rien que de la camelotte !"
Elle jetta ce qui restait de son filet par terre et entreprit alors d'attrapper la petite luciole avec ses mains.

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Ophélie
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MessageSujet: Leya,voleuse de fées   Sam 5 Mai - 13:24

Vincent était bourré. Jamais encore il n’avait bu à ce point. Il était sorti de la soirée en titubant. Les autres jeunes riaient et dansaient gaiement mais il n’entendait qu’un bourdonnement de conversation qui lui faisait mal à la tête. Il ne savait même plus pourquoi il avait bu. Boire pour oublier. Là, c’était réussi. Pourtant, on aurait difficilement pu oublier ça. Lui, il avait réussi. Au prix de tout l’argent de poche qu’il possédait. Mais s’il s’était souvenu de ce qu’il voulait oublier, il aurait su que la douleur présente n’était pas moins colossale que la précédente. Il alla vomir dans les toilettes et essaye de s’en aller loin du bruit. Sa vision tourbillonnant. Il se dit que ça ne devait pas être bon signe. Des garçons plus âgés que lui se moquèrent quand il passa. Il s’en fichait. Mais en voyant les joins qu’ils avaient à la bouche, il comprit que l’alcool n’était pas la seule cause de son état. De l’ecstasy. Il ne manquait plus que ça. Voilà pourquoi il voyait de drôles de formes colorées passer devant ses yeux. Il passa sur un petit pont de pierre. Enfin il était loin de ce bruit infernal. Le carnaval était terminé. Le matin était presque levé. Généralement, il ne passait pas cette soirée dans une soirée douteuse chez un gars qu’il connaissait à peine. Mais là, regarder le carnaval de Venise, aussi beau soit-il, pendant le banquet qu’organisait son père caque année, il ne le pouvait pas. Le problème c’est qu’il ne se rappelait pas pourquoi. Il tituba encore un peu, insensible aux canaux où quelques gondoliers ramenaient chez eux des fêtards retardataires. Il avait passé la nuit dehors. Son père lui ferait une scène en rentrant. Tant pis. Il avait du mal à marcher sur les vieux pavés. De plus, il craignait de ne plus savoir se repérer dans ce dédale. Il aurait fallu suivre l’eau…Il était sur la place maintenant. Laquelle il n’aurait su le dire. Mais elle avait comme toujours cette beauté fanée d’une cité qui avait cru dominer le monde. Il aperçut enfin quelqu’un. C’était une jeune fille de son âge apparemment. Elle semblait essayer d’attraper une luciole…Quelle idée à quatre heures du matin. Il s’approcha en espérant qu’elle pourrait l’aider à retrouver son chemin. Elle ne le vit que lorsqu’il fut à deux mètres d’elle et sursauta. La luciole avait toute son attention. Il ne remarqua pas ses vêtements étranges. C’était le carnaval, non ?
_C’est malin ! Elle est partie maintenant ! ronchonna-t-elle entre ses dents.
_Est-ce que tu pourrais…
Comme si elle était sur ses gardes, elle recula d’un pas. Il faut dire qu’il devait avoir l’air d’un agresseur drogué.
_Attends, je…je voudrais juste que tu m’aide à rentrer chez moi…Je ne me sens pas…très bien…
Elle recula encore.
_Tu n’aurais pas dû me voir ! Tu ne devrais pas me voir. C’est impossible.
_J’ai…aide-moi…
Il tomba à genoux et vomit de plus belle. Loin de se laisser impressionner, la jeune fille sembla être rassurée.
_Tu es complètement saoul…
_J’avais….remarqué…
_Où est-ce que tu habites ?
_Emmène-moi à la station de taxi en périphérie, ça ira…Non ! Merde, j’ai plus d’argent…
_Faudrait savoir ! Donne-moi ton adresse, une fois pour toute.
_Tu ne connais certainement pas et puis…c’est en dehors de la ville.
_J’ai un extraordinaire sens de l’orientation, humain, alors ne t’occupes pas de ça.
_1119 rue de la Gazza Negra, c’est une villa. Avec un grand jardin autour.
_Ferme les yeux.
Il obéit, plus parce qu’il ne pouvait plus les garder ouverts que parce qu’elle l’avait demandé.
_Comment tu t’appelles ?
_Leya. Mon nom est Leya, voleuse de fées.
_Vincent.
_Peu m’importe. Accroche-toi à moi. C’est parti !

Vincent ouvrit les yeux. Il était couché dans son lit. Il regarda son réveil. Il était 1 heure de l’après-midi. Suzanne, la femme de chambre, leva le nez de son ouvrage de couture et lui sourit.
_Debout, bel endormi.
Elle se leva et lui donna deux aspirines.
_Je ne sais pas ce que vous avez bu hier soir mais ce n’était pas du lait. Quand même, partir du banquet sans prévenir votre père, ce n’était pas raisonnable.
_Alors c’est vrai ce qui s’est passé hier, je n’ai pas rêvé ?
_Votre cuite ? Bien sûr que oui, c’est vrai ! Vous avez vu l’état dans lequel vous êtes !
_Mais…la jeune fille qui m’a ramenée ?
_La jeune fille ? Quelle jeune fille ? Une nouvelle conquête ?
_Non, elle m’a ramené ici ! Vous avez bien dû la voir !
_Mais non, monsieur. Je vous ai trouvé ici ce matin à huit heures, complètement inconscient et impossible à réveiller. C’est d’ailleurs étrange que vous ayez réussi à rentrer sans vous faire voir à cause du vigile qui était posté devant la grille.
Vincent le savait. Hervé, le vigile, gardait fidèlement les grilles le jour pendant la semaine et la nuit les week-ends. Il comprit qu’il avait dû rêver cette fille. Après tout, une fille qui s’appelait Leya et qui « volait des fées », ce n’était pas courant. Et comment aurait-elle parcouru les 5 kilomètres les séparant de la villa en le portant ? Restait à savoir comment il s’était débrouillé. Il décida de le demander à Hervé. Il déposa un baiser sur la joue de Suzanne, comme chaque matin et elle lui ébouriffa les cheveux affectueusement. Suzanne avait toujours été femme de chambre à la villa et il l’aimait beaucoup. Hervé était également un grand ami qui le laissait parfois sortir de la villa en douce les soirs où son père l’avait privé de sortie, c’est-à-dire très souvent. Celui-ci n’était plus de service mais Vincent avait son numéro de téléphone.
_Allô ? Hervé ?
_Vincent ? Qu’est-ce qui te prends de me réveiller ? Tu sais à quelle heure je me suis couché hier ?
_Désolé, Hervé mais j’aurais voulu savoir une chose. Tu m’as laissé sortir hier…à quelle heure je suis rentré ?
_J’en sais fichtre rien, Vincent, on m’a dit que t’étais revenu vers quatre heures du mat’ mais je ne t’ai pas vu.
_Tu en es bien sûr ?
_Aussi sûr qu’on peut l’être en venant d’être réveillé pour rien quatre heures après s’être couché !
_OK, désolé de t’avoir dérangé.
Vincent raccrocha. Il aurait pu ne pas lui téléphoner mais tout ça le taraudait. Cette fille était tellement réelle…
Il prit une douche, mit de nouveau vêtements et retourna dans sa chambre, perplexe. Il était en train de se sécher les cheveux avec une serviette de bain quand il le vit. C’était un objet rond, attaché au bout d’une chaîne et qui brillait de mille couleurs à cause d’un rayon de soleil qui filtrait à travers ses rideaux. Il ramassa le pendentif. Sur la chaîne, en plus de la bille étrange, il y avait une petite plaque en or où il était écrit : LEYA. Il sourit. Elle était réelle.


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MessageSujet: Re: Leya, la voleuse de fées   Sam 5 Mai - 17:55

Vincent observa la petite tête jaune avec les yeux en coeurs qui le narguait. Depuis qu'il avait commencé à discuter avec son pote Steve sur msn, il avait eu droit à la tête de bourré, la têet de drogué, et maintenant, voilà qu'il prétendait qu'il était amoureux de cette fille.
"Elle m'intrigue, c pas pour ça que je suis amoureux"
"C ca" répondit Steve
"Tu me saoule..."
Il lui envoya une émoticône en colère et se mit "hors ligne". Il en avait marre des commentaires à la con de son soi-disant meilleur ami. En fait, Steve était à peine une connaissance et ils ne se voyaient pas souvent. Ils passaient beaucoup de temps à déconner sur msn, mais il avait eu tort de se confier à lui. Il ne l'avait jamais fait auparavant et n'aurait jamais du le faire. Il tritura la chaîne du pendentif. La bille le perturbait. Elle était noire et pourtant, des couleurs semblait émaner de son centre. Il la regarda sous toutes les coutures. Quelque chose bougeait à l'intérieur...


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La baronne Louise
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MessageSujet: Leya, la voleuse de fées   Dim 6 Mai - 9:46


Personne ne remarqua la fine silhouette qui arpentait les rues sombres et étroites d'une Venise en fête. Elle se glissa entre deux touristes américains, évita de justesse un motard un peu soûl et se retrouva enfin seule au milieux de la place.
Bien sur, cela dépend de se qu'on entend par "seule". En effet, la place était remplie de cafés et de divers restaurants eux aussi pleins à craquer de touristes, essentiellement.
Debout sur le sol de pavés innégaux, elle attendait.
Enfin, un jeune homme vint à elle. Elle fit semblant de lui faire la bise mais sortit un court poignard d'un petit fourreau constament attaché à sa jambe et le pressa sur le côté de l'homme.
- Qui es-tu ? demanda-t-elle
L'homme déglutit difficilement.
- C'est...c'est moi,...Lewis.
Elle le toisa rapidement et rangea son arme.
- Ça ne devrait pas être toi.
- Marco n'a pas su venir.
- Et en quel honneur ?
- Il était occupé...autre part.
Les lèvres de Leya se retroussèrent en un rictus.
- Tu as l'argent ? reprit elle d'une voix dure
- Le voilà.
Il lui tendit une petite bourse. Elle la renversa dans ses mains et compta les pierres précieuses.
Imperceptiblement, elle en glissa une dans sa manche.
- Il manque un tens.
Elle lui rendit la bourse.
- Je...je ne comprend pas...
- Je te dis qu'il manque un tens. Marco m'avait promit onze tens et deux loubarmements. Je ne partirais pas sans.
- Mais enfin, c'est impossible !
Leya sortit son poignard et le posa délicatement sur le cou du jeune homme.
- Il m'en manque un, le marché est rompu. Vous n'aurez pas vos fées.
Elle hésita un instant entre le tuer ou le laisser en vie et choisit la deuxième solution. Mort, il ne lui serait plus d'aucune utilité.
Elle le regarda une dernière fois avec un regard qu'elle avait passé des heures à mettre au point quand elle était enfant. Un regard de dégout et de suprématie.
- Je ne te laisserais pas une seconde chance, lui murmura-t-elle dans le creu de l'oreille. rapporte moi le compte exact si tu tien à ta vie...et à ton honneur.
Elle le laissa là et se dirigea souplement à travers la foule des badaux matinaux.

Lewis se massa douloureusement le cou et regarda la voleuse voler littéralement au dessus de la ville. Il n'avait aucune envie de rentrer au Trou. Marco allait lui faire sa fête. A choisir, il aurait peut-être fallu que Leya le liquide sur place (dans les deux sens), pensa-t-il en se rendant invisible aux yeux des humains.


Un sourire se dessinait sur les lèvres fraîches de la voleuse. Elle fit glisser le tens hors de sa manche et le fit jouer à la lumière du soleil naissant. Il avait une jolie couleur mi-jaune, mi-argentée et une forme de losange mal définie.
Ayant perdu son médaillon et la bille noire renfermant l'une des deux fées qu'elle devait à Marco, elle n'avait eut que le vol comme unique solution.
Il falait le reconnaitre, c'était une bonne actrice, et elle était très fière de son numéro.
Maintenant, il ne lui restait plus qu'à retrouver cette bille et attrapper une autre de ces petites lucioles...
Elle eut une pensée pour cet imbécille qui lui avait fait perdre sa proie. Imbécile qui avait quand même réussit à la voir... Tout cela était bien étrange... C'était surement dû aux effets de l'alcool.
Elle haussa les épaules et repensa aux fées.
Elles ne se montraient que la nuit, et elle aimaient le bruit et l'agitation. Un sourire carnassier s'étala sur son visage.
Ce soir, la chasse est ouverte !

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Ophélie
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MessageSujet: Leya,voleuse de fées   Dim 6 Mai - 13:43

Vincent rentra précipitamment du collège. Il laissa tomber son sac et ses cours par terre et ouvrit rapidement un tiroir. Il en sortit la bille noire. Pendant toutes les vacances il avait essayé de voir ce qu'il y avait à l'intérieur. Il avait été jusqu'à fracasser la sphère avec un marteau mais la matière n'avait pas cédé. Il s'était rappelé ce matin, pendant le cours de biologie qu'il existait des sphères en plastique pour les hamsters qui possédaient une ouverture, parfois presque invisible. Il entreprit donc avec impatience de faire tourner deux moitiés imaginaires de la bille. Il s'y reprit à plusieurs fois mais rien n'y fit. Soudain, son coeur se mit à battre à tout rompre. Enfin, il avait trouvé. Il tourna, tourna sans fin mais la bille demeurait close. De dépit, il jeta l'objet sur le lit. Pourtant, la mystérieuse lumière qui brillait à l'intérieur attisait sa curiosité à l'extrême et il la reprit bien vite. En apparence, la bille n'avait pas changé. Cependant, les deux moitiés étaient devenues quatre quarts. Il tourna encore...Un "clic" sonore le fit sursauter. Les quartiers s'éloignèrent du centre et une lumière jaune apparut au centre. Non, pas une lumière, une luciole. L'insecte se mit à parler d'une voix minuscule :
_Aaaaaah ! Enfin libre !
Vincent approcha sa paume de ses yeux pour observer la bête de plus près. Mais il vit, non pas une luciole, mais une toute petite personne aux ailes roses et luisantes.
_Merci de m'avoir sauvée, jeune humain. Sans toi, je serais encore prisonnière de cette ignoble Voleuse !
C'était une fille aux cheveux dorés et à la peau claire. Elle portait une jupe en pétales de fleurs et un haut brillant comme une robe de soirée, le tout, exclusivement dans des tons roses.
_Hum...Je me nomme Mélina, j'appartiens à la prestigieuse famille des Roses. Et toi, comment te nommes-tu ?
_Euh...Vincent...
_Enchantée !
_Qu'est-ce...Comment êtes-vous...Je dois être en train de rêver, les fées n'existent pas !
_Mais bien sûr que si ! ...Mais alors ! Tu n'es pas du Monde d'à Côté ! Tu ne devrais pas me voir alors, à moins que...
Elle s'envola vivement et fit le tour de Vincent. Elle s'arrêta pile devant son oeil droit et en sonda les profondeurs bleues. Un sourire illumina son visage.
_C'est bien toi ! Tu es le Protecteur ! Moi, princesse Mélina des Roses, j'ai trouvé le Protecteur !
Elle se mit de nouveau en mouvement, brusquement et vint déposer un baiser sur son nez.
_Oh ! Mon très cher sauveur ! Tu vas venir avec moi et je te montrerai le royaume des fées et...oh ! Quel merveilleuse fête on va organiser en on honneur !
Vincent ne comprenait pas. "Une fée m'a embrassé sur le nez" songeait-il.
_Venir ? Mais où ? Pourquoi ?
Soudain, il se figea. Il venait d'entendre le bruit caractéristique de son père en colère qui marchait d'un pas décidé vers sa chambre.
_Merde ! s'écria-t-il.
_Oh ! Un peu de tenue !
Il prit la fée, le pendentif et les fourra dans le tiroir juste à temps. Son père ouvrit la porte sans frapper.
_Papa !
_Ne me fais pas cet air innocent ! Tu sais très bien pourquoi je viens te voir ! Je n'ai même pas défait mes bagages. Tes bêtises m'ont tellement obsédées pendant notre voyage que je n'ai pensé qu'à ça !
_Quel dommage, ironisa Vincent.
_Tais-toi !
Encore une fois, son père ne le laissait pas s'expliquer. Il rentrait de son voyage de noces avec cette femme et lui reprochait de lui avoir gâché son plaisir, tout simplement.
_Peux-tu m'expliquer pourquoi, la nuit de mon départ pour les Maldives avec Liliane, tu es allé te saouler dans une fête chez un soi-disant ami qui ne t'a jamais vu de sa vie ?
_Je...je voulais m'amuser...
En réalité, Vincent voulait oublier. Oublier que cette fête du Carnaval n'était plus leur fête à tous les deux mais celle où il avait présenté à totu le monde sa future belle-mère. Oublier qu'ils partaient le soir même pour les Maldives, après la fête. Oublier qu'il détestait cette pimbêche. Oublier que son père avait rayé sa mère de leur vie. Oublier que sa mère les avait abandonnées tous les deux à sa naissance...
_T'amuser ? Tu trouves ça amusant de te saouler comme un délinquant, de te conduire en imbécile et de consommer je-ne-sais-quelle drogue ? Et en nie pas ! Les analyses que j'ai demandées au docteur sont formelles : tu étais drogué !
Vincent bouillonnait intérieurement. Son père accusait. Le grand avocat accusait sans écouter le témoignage de la victime.
_Tu es un irresponsable, Vincent ! J'ai tout essayé avec toi : Le collège privé, l'internat mixte, m'internat pour garçons, les écoles spécialisées, et maintenant le collège public, rien n'y fait ! Alors, dès l'année prochaine, tu iras à l'école militaire !
_Quoi ?
_Parfaitement ! Ca te forgera le caractère ! Tu es une tête brûlée, impossible de te faire entendre raison avec des méthodes pédagogiques ? Ce sera la discipline alors !
_Ouais, comme ça tu pourras bécoter tanquillement ta petite garce !
La gifle partit. Un silence de mort s'installa.
_Vincent...pardon...
_Va t'en.
Son père s'en retourna jusqu'à la porte. Mais avant de la refermer, il ajouta d'une voix éteinte :
_Je l'aime, Vincent.
La petite fée ouvrit le tiroir avec ses pouvoirs. Elle sortit et s'approcha de son sauveur. Il ne bougeait plus. Puis, comme si la machine de son corps s'était décoincée, il se mit en mouvement. Il vida son sac de ses livres, jeta quelques vêtements dedans, la bille noire et ouvrit la fenêtre.
_Qu'est-ce que tu fais ? demanda Mélina.
_Je me casse. C'est par où le royaume des fées ?
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Ophélie
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MessageSujet: Re: Leya, la voleuse de fées   Lun 7 Mai - 19:18

_C'est à dire...le royaume des fées, c'est un peu compliqué...Tu es...un peu grand pour passer dans la Porte entre Deux.
_Et il n'y a pas d'autre moyen ?
Vincent mettait une volonté farouche à mettre autant de distance que possible entre lui et son père. Ils avaient pourtant dû s'arrêter dans un square lorsque sa rage avait fait place à la seule rancune. Son ventre gargouillait. La nuit était tombée plus vite que prévu. Venise la lumineuse devenait sombre et inquiétante.
_Je n'aime pas ce calme, dit la petite fée en se blottissant dans son col en laine.
_Pourquoi ?
_C'est comme ça, le silence, le calme, ça fait peur aux fées. Ce n'est pas bon signe.
_Je me rappelle, quand j'étais petit, j'avais peur du noir. Mon père en faisait une maladie parce que je faisais un bruit de tous les diables dans ma chambre. Encore quelque chose qu'il ne peut pas supporter chez moi...La preuve qu'on n'est pas fait pour vivre ensemble...
Mélina ne répondit pas. Elle réfléchissait.
_On peut prendre le bateau, dit-elle finalement.
_Le bateau ? répéta Vincent sans comprendre.
_Retourne devant le pont qu'on a vu tout à l'heure. Bien sûr, il faudra attendre minuit...
Il se rendit au lieu indiqué et s'assit sur un bloc de pierre d'amarage pour les gondoles. Ils attendirent. Vincent vit passer avec inquiétude des policiers mais ils ne firent pas attention à sa silhouette solitaire. Minuit sonna à la grande horloge.
_Maintenant, murmura la fée dans son oreille. Cache-moi bien et répète ce que je te dis.
Soudain, alors que le douzième coup n'avait pas encore sonné, une énorme gondole apparut sous le pont dans la pénombre. Un grand homme en cape brune l'amena vers le rivage avec sa perche. Il y avait trois personnes à bord.
_Dernier arrêt tout le monde descend ! cria-t-il en posant sa perche. Il sauta sur le quai et Vincent vit de prêt sa barbe grise et touffue.
_Debout, jeune homme, je n'ai pas que ça à faire !
Vincent se leva d'un bond et le gondolier arima son embarcation. Vincent observa la gondole. Elle était d'un bois finement sculpté de différentes formes. Il y avait à la proue, des fleurs, des petits animaux et, presque invisibles dans les bouquets de fleurs, des fées.
_Belle bête, hein ? dit le batelier tandis que ses passagers descendaient.
_Oui, je n'en ai jamais vu des comme ça...
_Il n'en existe qu'une au monde, mon gars. C'est moi qui l'ai faite. Des années de travail. Et des années de complicité avec ma bonne vieille Espérance.
_Espérance ?
Le vieux gondolier montra une plaque sur le flan du bateau. "L'Espérance". Vincent sourit. Il aimait bien le vieil homme. Jamais son père ne l'avait emmené sur une des croisières qu'il faisait pour affaire. Il observa ensuite le marin. Car il ne ressemblait pas aux gondoliers. Il avait une apparence moins soignée et surtout, il n'avait pas de polo rayé bleu et blanc. Au contraire, il était vêtu de cet étrange manteau de cuir élimé et de bottes noires et luisantes qui auraient rendu jaloux un pirate. Il portait ses cheveux gris et sa barbe longs et avait de petits yeux bleus sombres.
_Tu embarques, gamin ?
_Euh...oui...
_Ca fera deux tens.
_Deux quoi ?
Il entendit la petite voix de Mélina lui souffler qu'il s'agissait d'argent.
_Je n'en ai pas.
_Quoi ? Et tu crois pouvoir voyager gratuitement ? Va jouer ailleurs, garnement !
L'homme, jusqu'ici très gentil, devint antipathique.
_Mais...je dois partir !
_C'est pas mon problème, tu ne paies pas, tu restes sur le quai, c'est la règle. Tu imagines la muise si mes patrons décourvent que je t'ai fait crédit ? Aucun Passeur n'accepetera de t'emmener sans tens.
Vincent soupira. Puis il vit sa montre briller à son poignet.
_Et ça, ça suffirait comme paiement ?
Le vieil homme se figea et prit la montre. On aurait dit qu'il n'avait jamais vu ça.
_Et elle est waterproof en plus ! Et toute en or plaqué.
_Vaterplouf ?
_Oui, ça veuit dire que vous pouvez la mettre dans l'eau sans qu'elle se dérègle.
_Et qu'est-ce que c'est au juste ?
_Une montre ! Ca vous donen l'heure.
_Comme un cadran solaire ? Mmmm...je pourrais en tirer un bon prix au marché...Ca marche ! Bienvenu à bord de l'Espérance, petit !
Il mit la montre dans une des nombreuses poches de son manteau et lui serra énergiquement là main, lui broyant trois phalanges.
_Je suis le Capitaine Horn. Al, pour les intimes. Mais tous mes passagers habituels m'appelent Al Cap Horn. J'ignore pourquoi d'ailleurs.
Il emmena Vincent dans le bateau et reprit sa perche.
_C'est parti !
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MessageSujet: Leya, la voleuse de fées   Lun 7 Mai - 21:53

Aucune ! En deux semaines de recherche désespérées, elle n'en avait pas vu une seule. Pourtant, elle avait fréquenté les endroits les plus courant ; la fête forraine, la place Saint Marc, les interminables défilés, les bals masqués,...rien ! C'était à croire qu'elles s'étaient fait passer le mot !
La célèbre chasseuse de fées se retrouvait soudain prise au dépourvue, sans aucune monnaie d'échange, et elle faisait tout son possible pour éviter Marco dont les requêtes se faisaient de plus en plus insistantes.
Elle arpentait le Pont des Soupirs, furieuse contre elle-même et contre le monde entier quand soudain, elle se figea.
Enfin !
Une petite lumière dorée voletait à quelques mètres d'elle.
Comme la professionelle qu'elle était, elle s'approcha lentement et d'un mouvement rapide, elle attrapa la fée.
Elle sentit la créature gigotter frénétiquement dans ses mains. Leya la saisit alors par la taille et la fée se trémoussa vigoureusement.
- Mais arrêtez !! Vous allez finir par déchirer ma robe !
- Et alors ?
- Et alors ?! Mais vous êtes folle, je ne vais plus du tout être présentable pour le Conseil des fées ! D'ailleurs relâchez moi, je vais finir par être en retard !
- Le conseil des fées, c'était dons ça...
- Ben oui, qu'est-ce que vous croyez, qu'on fait une pose carrière, non mais !
- Ecoute moi bien, petite bestiole, ou tu me dis où se passe ton conseil, ou bien je t'enferme et je t'arrache les ailes.
- Vous n'oseriez pas !
- Je vais me géner ! Mais je vais être sympa avec toi, tu ne dois pas être de la région, je m'appelle Leya et tout le monde ici me connait sous le nom de "voleuse de fées". Alors si tu tiens à tes ailes, je n'insisterais pas à ta place...
Après un instant de réflexion durant lequel la fée jaune la regarda effarée,
- Bon, elle poussa un soupir déchirant, je suppose que je n'ai pas le choix, moi, princesse Flora du Bouton d'Or, je vais devoir renier ma patrie...
Elle la regarda avec un air superbement touchant. Leya sembla perdre de son assurance, mais elle se reprit très vite.
- En effet, je crois que c'est la meilleure solution pour vous.
Flora baissa tristement la tête.
- Vous le trouverez dans la salle des fourmis.
La salle des fourmis, ainsi nommée en raison des innombrables galeries qui y aboutissaient, était l'une des nombreuses pièces du Palais des fées.
Leya n'y avait jamais été car le palais était beaucoup trop petit pour la gent de taille humaine.

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MessageSujet: Leya, voleuse de fées   Mar 8 Mai - 17:36

Vincent regardait Venise d'un oeil nouveau depuis le bateau de Al Cap Horn. Son enfance revenait à sa mémoire. Son père l'emmenant voir le défilé du bal masqué durant le long Carnaval de la ville. On comprenait pourquoi cette ville avait soufflé à ses habitants des ambitions démesurées : elle-même l'était. Venise était un joyau fané qui attendait de redevenir une cité de lumière. Mélina restait silencieuse dans son col. Il comprit que ces gens venant d'un autre monde les capturaient. Par profit, sans doute. Ainsi la jeune fille qui l'avait aidé n'était qu'un chasseuse. La déception le surprit. Rien ne tournait plus rond dans sa tête. Il prit son GSM. Le réseau serait sans doute totalement inexistant là où il allait (si toutefois ce n'était pas qu'une chimère). Il envoya un SMS à son père.
"Je pars à la recherche des fées. Ne t'inquiète pas."
Il songea que c'était tout à fait stupide mais un mensonge n'aurait fait qu'attiser la colère de son père. Peut-être prendrait-il cela pour de la poésie ?
A sa grande surprise, il reçut une réponse presque immédiatement :
"D'acc. Reviens vite. Je t'aime."
Ca ne ressemblait pas du tout à son père. Mais alors qu'il levait les yeux vert le Pont des Soupirs devant lequel Al Cap Horn s'arrêta, il fut interrompu dans ses pensées. Sur le Pont, croisant son regard à cet instant précis, il la vit : Leya, la voleuse de fées...
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La baronne Louise
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MessageSujet: Leya, la voleuse de fées   Mer 9 Mai - 15:23

Leya lacha brutalement Flora.
- Hé ! Mais fait un peu attention !
- Désolée, petite chose.
- Je ne suis pas une chose ; je suis une fée ! Et une princesse avec ça !
Elle releva fièrement le menton mais Leya la prit sans ménagement et la secoua au dessus de sa tête. Une fine poussière dorée tomba, et s'installa sur ses cheveux comme un mince filet de pluie.
Leya la remercia d'un mouvement de tête et sauta sur la gondole.
Elle y atterrit sans dommage et s'installa comme si de rien n'était à côté de Vincent.
Le gondolier se tourna vivement vers elle, furax.
- Ecoute, Leya, cette fois tu ne t'en sortira pas comme ça ! D'abord tu débarques à l'improviste, mais tu n'est même pas capable de payer ta place !
- Je te paierais demain.
- Oui, c'est exactement ce que tu m'a dis la fois dernière, et je t'attends toujours ! Alors cette fois, plus de traitement de faveur ; ce sera deux tens, comme tout le monde !
Leya fouilla dans ses poches et n'y trouvit que le tens volé à Lewis. Elle le mit dans la main tendue d'Al Cap Horn et expliqua à sa mine colérique.
- Ben, après tout : qui dit demi-trajet, dit aussi demie-paie !
Al s'en fit, résigné de ne pouvoir obtenir de meilleurs résultats d'elle. Après tout, c'était une voleuse...

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Ophélie
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MessageSujet: Leya,voleuse de fées   Mer 9 Mai - 18:42

Vincent n'avait pu s'empêcher d'avoir un pincement au coeur lorsqu'il la revit. Pourtant, il savait maintenant qu'elle n'était qu'une voleuse. Il avait cru voir tant d'autres choses dans ses yeux. Maios il s'était trompé. Maintenant, il fallait cacher Mélina à ses yeux. Il remonta un peu plus son col où la fée était cachée et où elle tremblait légèrement, chatouillant son cou de ses ailes fines.
_Je peux savoir ce que tu fais ici ? demanda la voleuse d'un ton abrupt.
_Je me promène. Venise est très belle en cette période de l'année.
_Je te conseille de ne pas te moquer de moi ! Le dernier qui a essayé n'est plus là pour témoigner.
_Il attrapé froid je suppose : avec tout l'air que tu brasses...
Elle lui lança un regard furibond et sortit un poignard de sa tunique.
_Ne va pas trop loin !
_Et si je vais trop loin, tu feras quoi ? dit-il d'un ton insolent.
Dans son col, Mélina frémissait. La panique ne l'envahissait pas cependant. Une intuition lui soufflait d'avoir confiance.
_Dis-moi qui tu es réellement et pourquoi tu m'as abordée l'autre soir ! Ce n'est pas un hasard puisque tu connais visiblement le Monde d'à Côté...
_J'ai pas envie de te répondre.
Elle plaqua sa lame sous son menton.
_Parle ou je te tue !
_Vas-y...dit-il d'une voix calme et douce.
Il était rempli d'une confiance inébranlable. Leya oserait-elle porter la mains sur lui ? Ou pire : le tuer ? ...
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MessageSujet: Leya, la voleuse de fées   Mer 9 Mai - 19:49

Leya regarda Vincent. Vincent regarda Leya. Cet échange ne dura pas plus de quelques secondes, pourtant il en parut bien plus.
Leya hésitait. C'était la pire chose qui pouvait lui arriver. Elle n'avait pas vraiment l'intention de le tuer mais si elle ne le faisait pas, elle y perdrait tout son honneur...
Les yeux de Vincent étaient d'un vert aussi limpide que le fond du fleuve. Soudain, un visage se supperposa à celui du jeune homme. Le sien. Le sien a douze ans. Elle se revit, petite fille, passant pour la première fois sous le Pont des Soupirs...

- Leya, reviens !
Elle escaladait le pont, essayant de rattraper une gondole avec de jolis dessins.
- Leya ! Reviens ici tout de suite ! Mais enfin, fais un peu attention....ATTENTION ! !
Leya venait de sauter dans la gondole.
- Voilà, tu es contente ? Tu as faillit faire avoir une crise cardiaque à ta vielle mère ! On a pas idée à se promener comme ça au plein milieu de la nuit !
Leya leva le pousse dans sa direction pour ne pas qu'elle s'inquiète et se mit à immiter le gondolier, un homme à grosse moustache. Sa mère éclata de rire.
Le gondolier ne l'avait apparement pas remarqué... Il continuait à voguer sans chanter (ce que Leya trouvait bien étrange). Un instant plus tard, elle disparut de la vue de sa mère qui commençait à s'inquièter.
Leya avait effectuer pour la première fois de sa vie le Passage. Après cet instant, sa vie c'était précipité. Elle avait apprit l'existence du Monde d'à Côté, apprit sa réelle identité, sa mère était tombée malade...

Elle baissa sa lame et détourna la tête.
- Très bien, si tu veux traverser ce pont, c'est tout à fait dans ton droit, mais saches que je ne te lacherais pas d'une semelle...j'espère seulement que tu sais ce que tu fais...

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MessageSujet: Leya, voleuse de fées   Sam 12 Mai - 13:28

S'il savait ce qu'il faisait ? Il eut un rire nerveux. Cela faisait bientôt un an qu'il ne savait plus ce qu'il faisait. Depuis que son père avait remplacé sa mère. Depuis que le fossé entre eux s'était creusé jusqu'à devenir infranchissable. Non, il ne savait pas ce qu'il faisait. Pas du tout. Il en oublia Mélina, toujours cachée dans son col. Son petit corps chaud près de son cou lui apporta la sérénité nécessaire à la réponse qu'il fit à Leya :
_Je sais ce que je fais.
La jeune fille se rassit et rangea son arme. Un silence s'abbatit sur l'embarcation. Al Cap Horn, qui avait attendu avec agacement la fin de l'altercation leur intima le silence. Le bateau glissa sur la surface sombre et luisante de l'eau. Ils passèrent sous le pont. Et là, ils disparurent aux yeux humains...

Ils traversèrent un fin rideau de pluie ruisselante et la lumière se fit. Une lumière éblouissante. La lumière du jour. Ils n'étaient plus à Venise. L'eau des canaux avait été remplacée par un fleuve calme qui serpentait jusqu'aux remparts d'une ville qu'il semblait traverser, loin devant eux. D'un côté du fleuve, il y avait des champs à perte de vue qui s'étiraient juqu'à la vallée où se trouvait la ville. De l'autre, une forêt sombre. Ses arbres s'arrêtaient à une dizaine de mètres au moins de la rive. Comme si la forêt fuyait le fleuve...Ses ronces, elle, parcouraient quelques mètres en plus, comme par défi ou par inconsciance.
Vincent se rappella son cours de Géographie avec cette prof qu'il aimait juste assez pour écouter à son cours. Généralement, les rives d'un fleuve sont fertiles et les plantes y poussent facilement. Bien sûr, aux abord du fleuve, des plantes aquatiques poussaient en désordre. Mais pourquoi la forêt gardait-elle ses distances ? Un bruit affreux, comme le cri d'un dinosaure affamé, retentit en provenance des sous-bois. Vincent frissonna.
_Bon Dieu de Bois ! s'écria Al. Il était tout proche ! Espérons que les Borjax ne fassent pas une nouvelle entrée dans la ville !
_Qu'est-ce que c'est, un monstre ?
_C'est une bête qui vit dans nos forêts, répondit Leya d'un ton agacé. Ils vivent en petits groupes. Ils sont un vrai fléau parce qu'il existe très peu de moyens pour les tuer. Ils font des escapades nocturnes dans les villes lorsqu'ils ont faim.
_Et ils comettent des carnages horribles et cruels ! compléta le Passeur. C'est pour cela qu'il y a des remparts autour de la ville et des fermes environnantes. Nous avons des gardes qui surveillent les portes. Mais bien souvent, ils se font dévorer...Au fait, pour poser une telle question, tu dois être originaire de Luniface, c'est la seule ville qui n'est pas entourée de forêts.
_Hein ? Euh...oui...Luni...c'est ça...
_Ah ! La capitale ! J'ai toujours rêvé d'y aller ! Quelle magnifique cité ! Dommage que l'Onix ne passe pas à proximité...j'aurais pu être Passeur là-bas...Et qu'est-ce que tu faisais dans l'Autre Monde ?
_Je...j'y suis arrivé par accident...
_Un coup de ces fées ! Elles prennent un malin plaisir à nous faire ce genre de farces !
_Oui...
Vincent avait renoncé à demandé ce qu'était l'Onix mais il supposa qu'il s'agissait du fleuve. Aucun doute, sa vie prenait un drôle de tournant. Restait à savoir où ce chemin le mènerait...
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MessageSujet: Leya, la voleuse de fées   Sam 12 Mai - 15:28

Au troisième tournant du fleuve, le courant prit une cadence plus soutenue, pour déboucher finalement à une série de rapides. Al Cap Horn maniait sa gondole avec une incroyable agilité pour son age. Vincent, qui n'avait jamais vu de rapides de sa vie, se cramponait désesperément aux bords de l'embarcation.
Dans une gerbe d'eau, il atterirent sur l'Onix, plus calme, qui continuait sa route et apperçurent les remparts de la ville.
- Génial, murmura Vincent en levant sa tête vers les remparts
De tout en haut, un garde les apperçu et cria
- Qui va là ?
- Ce n'est que moi, Al ! Je ne fais que passer.
Il s'amusa de son jeu de mot.
- Ok, Al, on t'ouvre les portes.
Vincent regarda devant lui sans comprendre. Les remparts faisait le tour de la ville mais ils s'arrêtaient au niveau du fleuve. Aucune porte n'était visible.
- Des portes, mais...
Un grand vent survient et le garde leva le pousse en direction d'Al. Celui-ci le salua et fit avancer la gondole.
- Ce sont des portes invisibles, qui laissent passer uniquement l'eau. Sinon, le fleuve s'arrêterait et l'eau s'accumulerait contre les portes, soufla Leya en réponse à la question muette de Vincent
- Mais pourquoi avoir installé des portes sur l'eau ?
- Ben pour les Borjaxs, évidemment !
Vincent accusa le coup, il était bien trop occupé à saisir chaque image de la ville qui venait de surgir.
Le meilleur mot pour la décrire était : "Magique".
De petites héoliennes rouges situées à l'entrée récoltaient l'énergie du vent que créait la porte en souvrant et en se refermant. Des maisons de toutes formes et de toutes tailles étaient plantées un peu plic-ploc de chaque côté du fleuve. Certaines ressemblaient à un cylindre retourné, une autre semblait composée de toute sorte de tyaux, d'autres encore n'avaient aucune forme fixe et semblait en constant changement, comme une sorte de gélatine. Un peu plus loin, sur la rive droite, l'Orix tournait et il dévoila une haute tourelle, munie d'une cloche à son sommet, surement là pour prévenir les habitant en cas d'alerte de force majeure. Cette tourelle n'était pas droite, elle semblait au contraire s'appuyer sur une maison juste à côté afin de ne pas tomber. Elle avait, accrochée à son mur, une immense lance incendie de toute les couleurs. Pour atteindre son sommet, il fallait emprunter une échelle à l'air très instable qui la gravissait.
Vincent ne pensait pas avoir assez d'yeux pour tout voir.
Le fleuve tourna encore et laissa voir un grand batiment surmonté d'une horloge en forme de goutte. Ce n'était pas une horloge banale car elle ressemblait plutôt à une énorme sablier mais à la place du sable, de l'eau coulait, goutte après goutte.
- Haha ! C'est bientôt l'Heure ! dit Al Cap Horn. Regardez, regardez le gouttier !!
La dernière goutte tomba et le gouttier se retourna souddain plusieur fois de suite, en produisant un bruit d'eau de pluie. Une activité grouillante envahit aussitôt la ville.
Le bateau stoppa.
- Et voilà ! Tout le monde dessend !

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MessageSujet: Leya,voleuse de fées   Dim 13 Mai - 13:08

Un sentiment bizarre envahit Vincent. C'était comme s'il connaissait cet endroit sans jamais y avoir mis les pieds. Il descendit, les yeux en l'air. La foule était composée des plus étranges créatures. Leya se planta devant lui. Il rencontra son regard et...sourit. Leya le regarda comme s'il était un idiot. Il devait en avoir l'air en tous cas. Mais si elle avait pu lire dans ses pensées, elle aurait compris qu'il s'agissait d'une infinie gratitude. Sans elle, il n'aurait jamais découvert l'existence de ce monde. Et sans doute n'aurait-il pas trouvé ce sentiment de pleinitude.
_Bon, on y va ? dit-il avec entrain.
_Où ?
_Je n'en sais absolument rien !
_Ca commence bien !
Il rit devant son incompréhension. Peut-être lui parlerait-il un jour.

Ils parcouraient la ville de long en large, sans savoir où ils allaient. Leya surveillait Vincent. Vincent observait Leya. La courbe gracieuse de son cou et sa démarche féline démentait son statut de voleuse. C'est alors qu'en passant devant une taverne bondée, une voix cria le nom de Leya.
_Leya ! Espèce de petite traîtresse !
Leya s'arrêta, sans grande appréhension.
_Marco...Tu viens me payer ?
_Te payer ? Comemnt oses-tu encore prétendre que je ne t'ai pas payé la totalité de la somme ! C'est la troisième fois ce mois-ci que tu triches pour que je te donne plus ! Maintenant, c'est terminé ! J'ai compté trois fois la somme avant d'envoyer l'autre imbécile te payer !
_Et bien, peut-être que tu devrais demander à ton imbécile s'il n'a pas un tens en trop...
_C'est ce que j'ai fait ! Il n'a même pas de quoi prendre un bain !
_C'est vrai qu'on le sent d'ici...
Marco devint rouge comme une tomate. On aurait presque vu de la fumée sortir de ses oreilles. Puis le regard de Marco tomba sur Vincent. Puis sur son col. Une petite tête avait pointé le bout de son nez pour voir qui provoquait ce vacarme. Leya la fixait également.
_J'en étais sûre ! s'écria-t-elle.
_Alors comme ça, tu me double avec ce freluquet ? Donne-moi tout de suite cette fée, espèce de fiante de Borjax !
Marco tendit la main vers Vincent. Leya sortit son arme à la vitesse de l'éclair. Mais elle dut la ranger presque aussitôt. Vincent fit pivoter son épaule. La main de Marco se referma sur le vide et en quelques mouvements secs, Vincent lui prit le bras, le coinca derrière le dos du jeune homme et donna un coup de pied sur le postérieur de Marco qui atterit la tête la première dans une flaque de boue.
Vincent s'approcha de Marco et s'accroupit près de sa tête.
_On ne touche pas à ma copine, d'acc ? Sinon, je te fais voir ce que j'ai appris d'autre au karaté...
Ensuite, Vincent se releva et, sans faire attention à la foule qui avait assisté à la scène avec des yeux ronds, il partit.
_Tu viens ? dit-il à l'adresse de Leya.
Et celle-ci, pour la première fois de sa vie, fit ce qu'on lui disait...
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Leya, la voleuse de fées

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